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Tablettes (籤, Sen, Qiān) : appellation abrégée pour le Fǎhuā xuányì shìqiān (Les Tablettes explicatives du Sens occulte de la Fleur de la loi, 法華玄義釋籤, Hokke gengi shakusen). Écrit de Zhanlan commentant le Fǎhuá xuányì de Zhiyi.Texte relevant du courant Tiantai. Remarquons la construction gigogne de ce type d'ouvrages qui sont des commentaires ou des approfondissements de commentaires déjà existant. Ainsi les Tablettes explicatives du Sens occulte de la Fleur de la loi sont-elles des rélexions sur le Sens occulte de la Fleur de la loi qui est lui même une vision de la Fleur de la loi, c'est-à-dire du Sūtra du lotus.

Tahō (Maints-Trésors, 多寶, Duōbǎo, Prabhūtaratna)

taigon (attingent au provisoire, 帶權, dàiquán)

taigōshu (allocutaire, 對告衆, duìgàozhòng)

Taïjō no Shakabutsu (Bouddha Shakya sur la corolle, 臺上の釋 迦佛)

tai no kami (divinités incarnées, 體の神)

Taïshaku (帝釋, Dìshì, Indra )

Taïra no Yoritsuna (平頼綱) : voir Hei no Yoritsuna.

taïten (régresser, 退轉, tuìzhuǎn)

Takla-Makan (流沙, Ryūsha, Liúshā) : immense zone désertique célèbre pour ses tempêtes de sable. Située dans le Turkestan oriental, à l'est de la ville Kagchar (province chinoise du Xinjiang). Les routes de la soie contournaient par le nord et par le sud ce redoutable obstacle naturel. Littéralement Ryūsha signifie "flots de sable".

tambour céleste (天鼓, tenku, tiāngǔ) : tambour qui est localisé dans les trente-trois cieux, deuxième des six ciels du monde des désirs, royaume d'Indra. L'une des particularités de ce tambour est de battre tout seul et d'inciter graduellement les êtres au bien. En ce sens un commentaite de Zhiyi à propos du tambour signale que son battement est un enseignement spontané de la loi sans même que demande en soit faite (無問自説). Il est mentionné dans plusieurs passages du Lotus, exprimé souvent dans les parties versifiées de cinq caractères, dans le vers "Sho ten gyaku tenku, Zhū tiān jí tiāngǔ, 諸天撃天鼓 qui apparaît notamment dans le XVIe chapitre ; à ce sujet il est intéressant de se reporter à ce qu'en dit Nichiren dans la Transmission orale sur les significations, notamment la relation qu'il établit entre ce tambour céleste et le monde des animaux.

Tamon tennō (roi céleste Grande-Écoute, 多聞天王, Duōwén tiānwáng, Vaśraivaṇa devarāja)

tánnà (bienfaiteur, 檀那, danna, dāna)

taoïsme (道教, dōkyō, dàojiào) : l’un des trois grands courants de la pensée chinoise ancienne, les deux autres étant le confucianisme et le bouddhisme. Origines, maîtres et doctrines du taoïsme, divergences avec le confucianisme, influence sur le développement des écoles bouddhiques chinoises, en savoir plus : Quelques notions sur le taoïsme.

Tathāgata (Ainsi-venu, 如來, Nyoraï, Rúlái)

tathatā (parfaite ainsité, 如如, nyonyo, rúrú ou ainsité, 如, nyo, )

témoignage (能證, nōshō, néngzhèng ) : témoignage de l'éveil, témoignage de la capacité à révéler l'éveil. Voir preuve. On retrouve dans le couple de termes témoignage et preuve la relation capacité (能, , néng ) et objet de l'exercice de cette capacité (所, sho, suǒ) qui apparaît dans de nombreux autres couples de termes bouddhiques : instructeur / converti, capacité de la vision / objet de la vision, etc.

temple de l'Aspect réel (實 相寺, Jissōji)

temples de Nara [sept] (奈良七大寺, Nara shichi daïji)

ten (ciel, 天, tiān )

Tenbōringyō (Sūtra de la mise en mouvement de la roue de la loi, 轉法輪經, Zhuǎnfǎlùnjīng, Dharma cakra pravartana sūtra)

Tendai (Tiantai, 天台, Tiāntái)

Tendaï chisha (sage du Tiantai [le], 天台智者, Tiāntái zhìzhě)

tenjin (êtres célestes, 天神, tiānshén, devatā) : voir ciel, sens 2.

tenjinshi (maître des dieux et des hommes, 天人師, tiānrénshī, śāstā devā manuṣyāṇām)

tenjinshichidai (sept règnes de divinités célestes, 天 神七代)

tenkai (monde céleste, 天界, tiānjiè, deva loka) : voir ciel.

tenku (tambour céleste, 天鼓, tiāngǔ)

tenma hajun (démon céleste malfaisant, 天魔波旬, tiānmó bōxún, papiyas )

tennin (divinité, 天人, tiānrén, deva) : voir ciel, sens 2.

Tenshō daïjin (天照太神) : on peut prononcer également Amaterasu Ōmi kami, littéralement la grande divinité qui illumine les cieux. Divinité tutélaire du Japon dont le sanctuaire est à Ise et qui serait à l'origine de la lignée impériale. Cette divinité du soleil apparaît dans de nombreux contes et a été incorporée parmi les bonnes divinités protectrices du bouddhisme.

terahosshi (maîtres de la loi du Temple, 寺法師)

Terre de la lumière sereine (寂光土, jakkōdo, jìguāngtǔ) : abréviation de "Terre de la lumière toujours paisible" (常寂光土, jōjakkōdo, chángjìguāngtǔ). Quatrième parmi les quatre sortes de terres bouddhiques définies par l'École Tiantai. C'est la terre véritable des bouddha où existe le corps du dharma. Sa particularité est d'être perpétuellement baignée d'une douce clarté. Sur ces quatre terres et leur relation avec les trois derniers de dix mondes cf. le traité de Nichiren Le Principe d'Une pensée trois mille dans Devenir le Bouddha, éditions Arfuyen 1993.

Terre des moyens et du résiduel (方便有餘土, hōben uyodo, fāngbiàn yǒuyútǔ) : deuxième parmi les quatre sortes de terres définies par l'École Tiantai. Les êtres qui y vivent, grâce à la pratique des moyens enseignés par le Bouddha dans le Petit Véhicule, se sont éloignés des troubles et illusions des trois mondes. Toutefois, l'enseignement qu'ils pratiquent ne leur permet pas d'accéder à la réalité-même et il demeure en eux un résidu d'ignorance.

Terre de la résidence commune(同居土, Dōkyōdo, Tóngjūtǔ) : abréviation de "Terre de la résidence commune pour le saint et l'ordinaire (凡聖同居土, bonshōdōkyōdo, fánshèngtóngjūtǔ)". Première parmi les quatre sortes de terres bouddhiques définies par l'École Tiantai. Il s'agit d'une terre comme celle où nous vivons et où les auditeurs et les êtres de l'éveil pour soi demeurent en compagnie des habitants des mondes des hommes et du ciel.

Terre de la retribution vraie (實報土, Jippōdo, Shíbàotǔ) : abréviation de "Terre de la rétribution vraie sans obstacle ni entrave". Troisième parmi les quatre sortes de terres définies par l'École Tiantai : celle où vivent les bodhisattva qui ont pratiqué et réalisé l'ascèse dite de "la contemplation de l'aspect réel de la voie du milieu".

terre originelle (本地, honji, běndì) : ce terme apparaît surtout à partir des Écoles chinoises du bouddhisme. Il revêt plusieurs acceptions qui découlent de conceptions assez proches. Lieu originel, fond essentiel de l'être, disposition originelle. Aspect authentique, corps réel d'un bouddha ou d'un bodhisattva, dans cette acception on trouve comme antonyme manifestation d'emprunt (ou incarnation d'emprunt, 垂迹, suijaku, chuíjì) qui désigne la forme temporaire que peut emprunter un bouddha ou un bodhisattva pour effectuer le salut d'êtres par opposition à son corps véritable que l'on désigne par l'expression corps de la terre originelle (本地身, honjishin, běndìshēn). Dans le courant du Sūtra du lotus, cette terre originelle est celle qui est évoquée dans le chapitre XVI où la véritable nature du bouddha est dévoilée. Il s'agit du lieu de la véritable réalisation du passé ancien (久遠實成, kuon jitsujō, jiǔyuǎn shíchéng) tel qu'il apparaît après la parabole des éons dits des cinq cents grains de poussière (五百塵點劫, gohyaku jintengō, wǔbǎi chéndiǎnjié).

Terre pure (淨土, Jōdo, Jìngtǔ) : terre qui n’est pas souillée par les passions (煩惱, bonnō, fánnǎo, kleśa) des êtres, contrairement à notre monde de Sahā. Cette terre pure n’est pas polluée par les cinq troubles (五濁, gojoku, wǔzhuó, pañca kaṣāya). En fait selon les sūtra, on a deux vues de cette terre pure. La première, et la plus courante, vise à la présenter par différence à notre monde. Toutes les imperfections et les souffrances de ce monde n’existent plus en terre pure qui devient donc une sorte de paradis. Selon les sūtra et les bouddha qui régissent cette terre, elle a différentes localisations. Pour les sūtra amidistes, il s’agit de la Terre pure de félicité suprême d’Amita qui est à l’ouest de notre monde. En fait c’est essentiellement dans l’amidisme que cette notion est devenue un concept. La deuxième acception se rencontre dans d’autres sūtra, par exemple le Sūtra de Vimalakīrti où c’est l’action du Bouddha qui purifie le monde et donc transforme notre monde souillé. Pureté et impureté dépendent du cœur. Le concept de la terre pure tel que l’amidisme l’a développé, a représenté un échappatoire pourles croyants qui vivaient des expériences douloureuses et n’est pas sans rappeler les visions de paradis de certaines religions monothéistes. Voir également amidisme.

Theravāda : voir Petit Véhicule.

theravādin : adepte du Theravāda.

tiān (ciel, 天, ten)

tiānjiè (monde céleste, 天界, tenkai, deva loka) : voir ciel.

tiāngǔ (tambour céleste, 天鼓, tenku)

tiānrén (divinité, 天人, tennin, deva) : voir ciel, sens 2.

tiānrénshī (maître des dieux et des hommes, 天人師, tenjinshi, śāstā devā manuṣyāṇām)

tiānshén (êtres célestes, 天神, tenjin,devatā) : voir ciel, sens 2.

Tiantai (天台, Tendaï, Tiāntái) : École du bouddhisme née en Chine au VIe siècle et qui tire son nom du mont Tiantai (province du Zhejiang), lieu où s'était retiré le religieux Zhiyi (538 - 597), principal maître de ce courant. Si Zhiyi est le principal penseur de cette école, il n’en est pas le fondateur. Selon les récits de l’école Tiantai, le premier maître aurait été Huiwen (dates non déterminées). C’est son disciple Huisi (515 – 577) qui développa les méthodes contemplatives relatives au Sūtra du lotus et qui fut le maître de Zhiyi. Ce dernier établit l’école sur le mont qui la désigne. La doctrine du Tiantai provient d'une combinaison d'éléments empruntes essentiellement à Nāgārjuna et au courant du Lotus. Nichiren a fait siens la plupart des enseignements originels de cette école. En savoir plus : Contexte historique de la création de l’École Tiantai.

Tiāntái zhìzhě (sage du Tiantai [le], , 天台智者, Tendaï chisha)

tiáoyù zhàngfū (dompteur, 調御丈夫, jogo jōbu, puruṣa damya sārathi)

Tímù (Titre, 題目, Daïmoku)

Titre (題目, Daïmoku, Tímù) : désigne le titre du Sūtra du lotus tel que l'a traduit Kumārajīva (vers le quatrième siècle de notre ère) soit Miàofǎliánhuájīng en chinois qui se prononce Myōhōrengekyō en japonais. Dans les écrits de Nichiren, le Titre désigne le plus souvent Namu Myōhōrengekyō, c'est-à-dire le titre complet du Lotus précédé de la formule votive Namu. Il est donc intéressant de remarquer que le fait de désigner Namu Myōhōrengekyō par l'expression Titre révèle clairement sa relation intrinsèque avec le Sūtra du lotus, notion qui se perd en français par exemple lorsqu'on ne traduit pas le sens du terme daimoku et que l'on se contente d'utiliser le vocable japonais. En savoir plus : les sept caractères du Titre.

tiryag (animaux, 畜生, chikushō, chùshēng)

Tōdaïji (東大寺) : voir sept grands temples de Nara.

Tōfū : Ono no Tōfū 小野の道風 (894 - 966) ou selon une autre prononciation Ono no Michikaze, célèbre calligraphe japonais de l'époque Heian cité par Nichiren dans la Réponse à dame nonne Ueno. Sur la page Wikipédia Japon qui lui est consacrée, on peut voir quelques exemples de sa calligraphie.

tōï soku myō (l'état actuel s'identifie à la merveille, 當位即妙, dāngwèi ji miào)

tō issaï shobutsu (l'égalité avec tous les bouddha, 等 一切諸佛, děng yīqiè zhūfó, sarva buddha samā)

Tōjō Kagenobu 東条景信 (dates incertaines) : Japonais, contemporain de Nichiren et issu de la caste des guerriers. Originaire de la province d’Awa (actuellement département de Chiba), il y devient intendant domanial (jitō). Fervent amidiste, il n’apprécie guère les critiques qu’en 1253 Nichiren formule sur cette religion, à son retour au monastère Kiyozumi (cf. Nichiren biographie). Il conçoit une haine féroce envers Nichiren, non seulement à cause de ses convictions religieuses mais également parce que le jeune moine aide une femme de la noblesse, Nagoë no Ama, avec laquelle il a un différend juridique. Il fait pression sur le supérieur Dozen pour que Nichiren soit évincé du monastère Kiyozumi. En 1264, à la tête de plusieurs hommes d’armes, Tōjō dresse une embuscade à Nichiren qui, en compagnie d’une dizaine de disciples, s’en revenait de son village natal. Néanmoins la résistance efficace des disciples de Nichiren fait que Tōjō ne parvient pas à ses fins. Cependant un disciple est tué et plusieurs autres sont blessées, Nichiren également est blessé au front et sa main gauche est brisée. Cet évènement est connu sous le nom de persécution de Komatsubara.

tōjo kengō (luttes et disputes acharnées, 闘諍堅固, dòuzhèng jiāngù)

tōkaku (éveil d’indifférenciation, děngjué)

Toki Jōnin (富木常忍) : voir Nichijō.

tokudō (obtention de la voie, 得道, dédào )

tokudo (obtention du passage, 得度, dédù)

Tokushō (Possession-Victorieuse, 得勝, Déshèng)

tōnenmyōka (brasier et fournaise, 灯燃猛火, dēngánměnghuō)

Tóngjūtǔ (Terre de la résidence commune, 同居土, Dōkyōdo)

tōngjiào (enseignement commun, 通教, tsūkyō)

tóngshíjí (unicité de temps, 同時卽, dōjisoku)

tonzen (subit et graduel, 頓漸, dùnjiàn)

tōriten (trente-trois cieux, 忉利天, dāolìtiān, trāyastriṃśa)

tōryō (pilier, 棟梁)

Tosotsu ten (Tusita, 兜率天, Dōushuài tiān, Tuṣita )

tōtai (corps, incarnation, 當體, dāngtǐ)

tōtaizenze (parfaite coïncidence de la substance, 當體全是, dāngtǐquánshì)

Toujours Sans-Mépris [bodhisattva] (常不輕菩薩, Jōfukyō bosatsu, Chángbúqīng púsà, Sadapaributha) : souvent abrégé en bodhisattva Sans-Mépris (輕菩薩, Fukyō bosatsu, Búqīng púsà). Bodhisattva dont l'histoire est contée au chapitre XX du Sūtra du lotus (Chapitre du bodhisattva Toujours Sans Mépris). Dans un passé extrêmement lointain, il se livrait à une pratique qui consistait uniquement à se prosterner avec respect devant toute personne, moine ou laïc en leur prédisant qu'elle deviendrait un bouddha. En fait, il reconnaissait et honorait en chacun la nature de bouddha. Il encourut moqueries et attaques. D'ailleurs, c'est pour se railler qu'on l'a surnommé 'Toujours Sans-Mépris'. Toutefois, au moment de mourir, il entendit l'exposé du Lotus, le retint, vit ses sens purifiés et sa longévité accrue. Du coup, tous ceux qui lui avaient nui, impressionnés, devinrent ses disciples. Nichiren établit une relation profonde entre la perception de sa propre mission et ce boddhisattva. Il l'exprime notamment dans Le Dévoilement des prophéties du Bouddha.

tous les mouvements sont souffrance (一切行苦, issaï gyō ku, yīqiè xíng kǔ, dukhah sarva saṃskāra) : voir quatre sceaux de la loi (le troisième) et Réponse au moine Abutsu - commentaires.

Toyokumununomikoto (豊斟渟尊) : voir sept règnes de divinités célestes.

trailokya (trois mondes, 三界, sangai, sānjiè)

Tradition de la Montagne (山家, sange, shānjīa ) : également appelé École de la Tradition de la Montagne (山家宗) ou courant de la Tradition de la Montagne (山家派). Appellation de l'École Tiantai en référence à l'usage des fondateurs de ce courant d'établir leur temple dans des sites montagnards notamment pour échapper aux troubles et violences de leur époque (cf. Zhiyi le sage du Mont Tiantai). Au Japon, cette expression désigne également le mont Hieï, lieu choisit par Saichō pour établir son ermitage et qui devient par la suite le centre du Tendai au Japon.

Traité de l'Accomplissement du Réel (成實論, Jōjitsuron, Chéngshílùn, Satyasiddhi śāstra) : autre traduction possible : Traité de l'Avènement de la Vérité. Œuvre principale du penseur indien Harivarman (IIIe~IVe siècles) ; fondement de l'une des branches du bouddhisme, l'École de l'Accomplissement du Réel (成實宗, Jōjitsushū, Chéngshízōng). La version chinoise est due au traducteur Kumārajīva. Ce traité relève du courant du Petit-Véhicule tardif, c'est-à-dire empreint de concepts philosophiques issus de la confrontation avec les doctrines du Grand-Véhicule.

Traité de la fleur de la loi (法華論, Hokkeron, Fǎhuálùn ) : voir Instructions sur le Sūtra de la fleur de lotus de la loi merveilleuse.

Traité de la grande vertu de sagesse (大智度論, Daichidoron, Dàzhìdùlùn, Mahāprajñāpāramitā śāstra ) : traité généralement attribué à Nāgārjuna et dont la traduction en chinois serait l'œuvre de Kumārajīva. Nous n'avons plus que la version chinoise de ce traité qui a été réalisée vers 405 par Kumārajīva et son équipe. De ce fait il a un doute quant à l'auteur réel de ce traité, certains spécialistes émettant l'hypothèse que la paternité en reviendrait à Kumārajīva lui-même. En chinois, nous trouvons également plusieurs titres assez similaires qui ont servi à désigner ce traité. Celui-ci se présente comme un commentaire explicatif d'un sūtra de la prajñā, le Mahāprajñāpāramitā-sūtra. Ce grand traité comprend 90 chapitres et remplissait 100 rouleaux. Les 52 premiers chapitres ont été traduits en français par Étienne Lamotte et publiés par les presses de l'université de Louvain de 1944 à 1980.

Transmission orale sur les significations (御義口傳, Ongi kuden) : mise en forme effectuée par Nikkō, des cours de Nichiren sur le Sūtra du lotus et qui eurent lieu au mont Minobu, probablement durant l’ère Kenji (1275 - 1277). Cette œuvre rédigée dans une langue proche du chinois classique a été approuvée par Nichiren en 1278 qui y a apposé son sceau. Elle comprend un peu plus de cent pages et traite de deux cent trente deux articles qui révèlent la vision qu’avait Nichiren à propos de phrases choisies du Lotus. Ces articles portent chacun un titre et sont classés en suivant l’ordre des chapitres du Sūtra. Pour se faire une idée de ces textes étonnants on se reportera à notre traduction d'extraits de la Transmission orale, notamment l'intégralité des entrées relatives à la partie versifiée du chapitre XVI.

trāyastriṃśa (trente-tois cieux, 忉利天, tōriten, dāolìtiān)

trente-deux marques ou trente-deux signes caractéristiques (三十二相, sanjūni sō, sānshíèr xiàng) : particularités que présente le corps du Bouddha. Une étude plus approfondie de ces trente-deux signes, voire de leur symbolisme ou signification serait nécessaire car la lecture littérale donne une représentation plutôt chimérique.

trente-trois cieux (忉利天, tōriten, dāolìtiān, trāyastriṃśa) : Le terme chinois dāolì serait une translittération du sanscrit trāyastriṃśa (trente-trois). Ces trente-trois cieux représentent le deuxième des six ciels inclus dans le monde du désir (cf. Correspondance entre les six voies et les trois mondes de la cosmologie indienne). Son centre où Indra demeure est situé sur le mont Sumeru. Les êtres qui y vivent auraient une longévité de mille ans et pour eux, un de nos siècles serait l’équivalent d’une journée. On dénombre trente-trois cieux car, au centre, il y a la ville que régit Indra et chacune des quatre directions est divisée en huit cieux. Il faut essayer de se représenter tout cela en trois dimensions : sur l’axe de la hauteur, on compte les six ciels du monde du désir ; le deuxième d’entre eux, considérons le comme un plan divisé en trente-trois parties, une partie centrale autour de laquelle sont délimitées par des rayons trente-deux parties adjacentes.

trépassés faméliques (餓鬼, gaki, èguǐ, preta) : voir esprits affamés.

trésors [trois] (三寶, sanbō, sānbǎo, triratna)

triade de Shakyamuni (釋迦三尊, Shaka sanzon, Shìjiā sānzūn) : ensemble statuaire ou pictural représentant le bouddha Shakyamuni entouré de deux servants. Le bouddha est au centre de ce groupe de trois personnages et les deux servants qui se tiennent de part et d'autre sont généralement de plus petite taille. Les deux servants associés au bouddha Shakyamuni sont Manjushri et Sage-Universel, ces deux bodhisattva expriment les qualités d’intelligence liées au fondateur du bouddhisme. Rappelons que sur le honzon de Nichiren, Manjushri et Sage-Universel figurent respectivement à droite et à gauche de la colonne centrale (le Titre), leur nom précédé par la formule votive Namu.
Une autre triade souvent représentée en Extrême-Orient est celle d’Amita. Ces servants sont Contemplateur des Sons et Puissance-Extrême et ils illustrent le caractère spectaculaire de ce bouddha.

trichiliocosme (一大三千界, ichidaï sanzenkaï, yīdà sānqiānjiè) : littéralement 'un grand monde de trois sortes de mille'. Sans entrer trop dans le détail, mille "petits" mondes forment un monde moyen. Un "petit" monde serait plus ou moins un équivalent de notre monde dans la représentation indienne antique. Mille mondes moyens forment un grand monde. Plutôt donc que trois mille mondes nous avons donc mille mondes à la puissance trois.

trikaya (trois corps, 三身, sanjin, sānshēn)

tripiṭaka (trois corbeilles, 三藏, sanzō, sānzàng) : nom donné au canon bouddhique, regroupant la corbeille de la discipline (vinaya piṭaka), des enseignements du Bouddha (sūtra piṭaka) et des exégèses ou commentaires (abhidharma piṭaka). Ce nom viendrait du fait que les textes anciens, rédigés sur des feuilles de palme, auraient été conservés dans des paniers (ou corbeilles, piṭaka).

tripiṭaka (enseignement des trois corbeilles, 三藏教, sanzō kyō, sānzàng jiào)

Tripiṭaka (Trois-Corbeilles, 三藏, Sanzō, Sānzàng) : Surnom honorifique donné aux plus grands traducteurs pour la maîtrise de leur compréhension de la totalité du canon bouddhique (cf. tripiṭaka). Kumārajīva ou Xuanzang ont été appelés ainsi.

triple contemplation (三觀, sankan, sānguān ) : pratique développée dès les débuts de l’École Tiantai selon laquelle elle aurait été enseignée à Huisi par Huiwen. Associée à la notion de l’esprit unique elle permet l’observation de l’esprit selon la triple vérité : la vacuité, le provisoire et le milieu. Cette méthode contemplative se nomme la triple observation du cœur. La relation entre la triple contemplation et la triple vérité est une relation capacité / objet que nous retrouvons dans plusieurs couples de termes bouddhiques, par exemple capacité de la vision et objet de la vision. Ainsi ceux qui pratiquent et approfondissent la triple contemplation, l’appliquent au monde des phénomènes qui leur apparaît dès lors par le prisme de la triple vérité.

triple étude : voir trois sciences (三學, sangaku, sānxué)

triple évidence harmonieuse (圓融三諦, enzoku santaï, yuánróng sāndì) : évidence de la vacuité (kutaï, kōngdì), évidence de la temporalité (ketaï, jiǎdì) et évidence du milieu (chūtaï, zhōngdì) voir aspect de la pure ainsité.

triple harmonie (三和, sanwa, sānhé) : association harmonieuse de trois facteurs : les racines, le lieu et la conscience. L'acte perceptif, faculté essentielle du vivant, n'existe que dans cette combinaison instantanée : racines (les organes de la perception), lieu (l'objet de la perception), conscience (le sujet qui perçoit). L'importance de cette notion est très souvent mal percue par les Occidentaux pour qui la dichotomie entre soi et le monde extérieur est une évidence majeure. Dans la réalité, la seule expérience que nous ayons est cette triple harmonie qui est sans cesse renouvelée. Nous n'avons jamais l'expérience de la conscience qui serait 'déconnectée', séparée du lieu (le monde), ni du lieu sans perception ni conscience.

triple mystère (三密, sanmitsu, sānmì) : pratique ésotérique de l’École des Paroles Véritables (Shingon shū, Zhēnyán zōng) qui associe une posture physique, particulièrement des mains (mystère du corps, 身密, shinmitsu, shēnmì ) à l’incantation de mantra (mystère des mots, 密語, mitsugo, mìyǔ) et à des représentations mentales de bouddha ou bodhisattva (mystère du mental, 意密, imitsu, yìmì). Nous retrouvons là une illustration de la vieille classification bouddhique des actes qui distingue les actes corporels, vocaux et mentaux.

triple prise de refuge (三歸, sanki, sānguī) : prise de refuge dans les trois trésors (le Bouddha, la loi, la communauté) qui se fait lorsque l'on décide d'embrasser la foi bouddhique. L'expression chinoise est une abréviation de sānguīyī (三歸依, sankie). Voir le script du cours sur les trois trésors.

triple observation du cœur (一心三觀, ishin sankan, yīxīn sānguān) : article en cours de rédaction.

Triple Sūtra du lotus : voir Sūtra du lotus en trois parties (法華三部經, Hokke sanbu kyō, Fǎhuá sānbù jīng).

triple vérité (三諦, santaï, sāndì) : l'une des doctrines fondamentales de l'enseignement de Huisi (515 - 577), de l'École Tiantai. Le premier élément de cette triple vérité est la vacuité (空, , kōng, śūnyatā) : l'ensemble des dharma est dépourvu de nature propre. Vient ensuite le caractère provisoire (假, ke, jiǎ) : l'ensemble des dharma est pris dans un flux de transformation incessante et donc, à chaque instant, il ne présente quel'aspect d'une combinaison temporaire d'éléments. Percevoir ces deux vérités dans leur action réciproque et simultanée est la troisième vérité, la vérité du milieu (中, chu, zhōng). L'aspect réel des dharma n'apparaît qu'au travers de cette triple vérité.

triple vérité s'identifie en un coeur unique [la] (三諦即一心, santai soku isshin, sāndì jí yīxīn ) : la triple vérité appliquée de façon introspective à l'esprit permet de développer la triple contemplation. La triple vérité - vacuité, provisoire et  milieu – n'est pas simplement une manière d'appréhender ou d'interpréter le monde mais, produite par l'esprit, elle permet à celui-ci de s'identifier au Réel. Voir également triple observation du cœur,  triple harmonie.

triratna (trois trésors, 三 寶, sanbō, sānbǎo)

trois attachements (三愛, sanai, sānài) : trois sortes d'impulsions fondamentales qui sont le terrain favorable pour l'apparition de la douleur (cf. le cours sur les quatre vérités, vérité de l'apparition). Nous avons donc affaire à des forces puissantes qui sont à l'origine même du processus du vivant. Remarquons que ces attachements ont des objets différents qui s'excluent mutuellement et donc présentent les uns vis-à-vis des autres des relations antagonistes qui sont le propre de la génération du vivant. Les trois attachements sont :
a) L'attachement aux désirs : il s'agit de l'attachement aux objets de satisfaction des cinq sens perceptifs (vue, ouie, goût, odorat et toucher). Une autre explication peut-être plus tardive et moins sûre parle de l'attachement aux cinq désirs (五欲, goyoku, wǔyù, pañca kāma) qui sont les biens, la sexualité, la nourriture et la boisson, la renommée et le sommeil.
b) L'attachement à l'existence : fondé sur la perception de l'existence d'un ego, cet attachement vise à la perpétuation de cet ego, même si logiquement chacun sait l'impossibilité d'une telle opération. Ainsi de nombreux désirs apparaissent en ce sens. Toutes les vues relatives à des paradis post-mortem et éternels, toutes les opinions qui voient dans la descendance la perpétuation de soi même sont liées à cet attachement.
c) L'attachement à l'anéantissement (ou à l'inexistence) : rejet de ce monde imparfait, attrait du vide, de l'anéantissement, d'un repos éternel, de l'autodestruction sous ces différentes formes manifestent des désirs puissants qui viennent s'opposer au deuxième attachement.
Le bouddhisme ne dégage donc pas un désir qui serait primordial. Il s'intéresse d'ailleurs moins à la nature ou à l'objet du désir qu'à son existence, désir de renommée, sexualité, survie, le désir est avant tout "désirant" et sa manifestation aveugle est le terrain favorable à l'apparition de la souffrance.
Une autre liste des trois attachements comprend l'attachement aux désirs, aux formes et au sans-forme. Nous avons là une corrélation avec les trois mondes qui montre l'attachement qui lie intensément les êtres au monde dont ils ressortissent.

trois bouddha (三佛, sanbutsu, sānfó) : deux sens distincts.
- Chacun des trois corps du bouddha.
- Les trois sortes de bouddha du chapitre Vision du stupa précieux du Sūtra du lotus, à savoir les bouddha Shakyamuni et Maints-Trésors ainsi que les bouddha du corps fractionné des dix directions.

trois calamités (三災, sansaï, sānzāi) : également traduit par trois fléaux. Selon les sources, nous trouvons différentes listes de calamités. La plus courante désigne les calamités dues à l'eau (inondation), au feu (incendie) et à la soldatesque (guerre et toutes les nuisances ou crimes qui accompagnent les mouvements de troupes). Ces calamités sont une source de malheurs pour les populations. Pour la première, rappelons les cours capricieux de quelques grands fleuves de l'Asie et notamment leur tendance aux crues durant la mousson, voire aux changements de tracés. Comme en Occident, les incendies ont été un véritable fléau du fait des constructions en bois et de la densité des villes. Pour ce qui est de la troisième calamité, les mouvements de troupes représentaient toujours un grand danger pour les populations civiles. D'autres listes des trois calamités, plus spécifiquement bouddhiques existent également. Les trois calamités peuvent être associées aux sept fléaux, donnant le composé trois calamités et sept fléaux (三災七難, sansaï shichinan, sānzāi qīnán). En savoir plus : Petites et grandes trois calamités.

trois catégories (三科, sanka, sānkē) : système résultant de la combinaison des cinq éléments, des douze entrées et des dix-huit domaines (voir surtout dans cet article le diagramme du système des cinq éléments, des douze entrées et des dix-huit domaines représentant le fonctionnement de ces trois catégories).
Les doctrines développées dans le bouddhisme du Grand Véhicule comprennent quelques systèmes globaux, comme celui-ci, qui se proposent d’expliciter la totalité de l’expérience de l’existence dans son instantanéité sans cesse renouvelée. Un autre système de ce type est celui qu’a formulé Zhiyi (538 – 597), Une pensée trois mille et dont l’un des termes (les cinq éléments) est commun aux deux représentations. Les trois catégories se présentent comme un système rendant compte de l’ensemble du phénoménal (一切, issaï, yīqiè) perçu comme combinaison de mouvements (行, gyō, xíng, saṃskāra) et de produits (有為, , yǒuwéi, samskrta) ou composé (cf. premier et deuxième des quatre sceaux de laloi ).

trois cercles (三周, sanshū, sānzhōu ) : voir ci-dessous trois cercles d'exposé de la loi.

trois cercles d'exposé de la loi (三周說法, sanshū seppō, sānzhōu shuōfǎ ) : selon l'analyse de l'École Tiantai, méthode utilisée par le Bouddha dans la 1e moitié du Sūtra du lotus pour enseigner la loi en fonction des capacités des auditeurs. Le premier cercle appelé 'cercle de l'enseignement du dharma (法說周, hōsesshū, fǎshuōzhōu )' vise à enseigner directement la loi bouddhique. Ainsi l'énoncé des dix Ainsi dans le chapitre des Moyens. Seul Sharipūtra aurait été capable d'intégrer ce premier cercle. Le deuxième cercle se nomme 'cercle de l'enseignement par l'allégorie (譬說周, hisetsushū, pìshuōzhōu )', et vise à donner une vue de la voie bouddhique en recourant à des comparaisons comme dans le chapitre de la Parabole avec le récit de la maison en feu, cette méthode est destinée à certains grands auditeurs. Enfin le dernier cercle appelé 'cercle des liens causaux préexistants (宿世因緣周, shukuseinnenshū, sùshìyīnyuánzhōu )' permet d'éclairer les auditeurs moins avancés au moyen de récits qui donnent en exemple des évènements liés à des vies antérieures du Bouddha. Ainsi ces disciples peuvent élargir leur vision grâce à l'évocation de faits passés qui dépassent l'existence actuelle tout en révélant des principes bouddhiques d'une manière parlante comme dans le chapitre Parabole de la ville fantasmagorique.

trois corbeilles (三藏教, sanzō kyō, sānzàng jiào, tripiṭaka)

trois corps (三身, sanjin, sānshēn, trikāya) : ce sont les trois corps d'existence du Bouddha. Leur présence étant simultanée, l'expression "triple corps" est aussi utilisée. Ces trois corps sont les suivants :
- le corps de dharma (法身, hosshin, fáshēn, dharma kāya) : il s'agit du vrai corps du Bouddha, imperceptible à l'homme ordinaire, qui est à la fois l'incarnation de la doctrine bouddhique et la manifestation du "corps cosmique" du Bouddha.
- le corps de rétribution (報身, hōjin, bàoshēn, saṃbhoga kāya) : il représente le corps glorieux du Bouddha, baigné de la joie de la compréhension de la loi. C'est un reflet du corps de dharma, qui n'est perceptible que par les seuls bodhisattva. L'art religieux de l'Extrême-Orient a souvent representé le Bouddhasous cet aspect, en le dotant de trente-deux marques de beauté caractéristiques. Pour en décrire l'action libre et resplendissante, ainsi que la fluidité de la perception, on use de l'expression "corps de rétribution qui spontanément reçoit et emploie".
- le corps de manifestation (應身, oshin, yìngshēn, nirmāṇa kāya ) : c'est l'apparence sous laquelle l'homme ordinaire perçoit le Bouddha lorsqu'il est en sa présence. C'est la manifestation du corps de rétribution. Certaines conceptions du corps de manifestation peuvent aller jusqu'à signifier le choix d'incarnation auquel procéderait un Bouddha : ainsi le choix de naître sous la forme de Gautama en Inde.
Ces trois corps manifestent un triple rapport : rapport au monde (corps de dharma), rapport à soi (corps de rétribution), rapport à autrui (corps de manifestation) qui est propre à l'éveillé. A ce sujet, on se reportera au tableau qui figure à la fin des notes du chapitre de la Transmission orale sur les significations consacré aux quatrains Maintenant ces trois mondes du Sūtra du lotus. En fait, toute existence entretient un rapport au monde, à soi et à autrui mais dans le cas du Bouddha ce rapport est 'organique' d'où le terme de corps.

trois corps du chapitre du précieux stupa (寶塔品三身, Hōtōhon no sanjin, Bǎotǎpǐn sānshēn ) : trois sortes de bouddha qui apparaissent dans le chapitre Vision du précieux stupa. Il s’agit du bouddha Shakyamuni, du bouddha Maints-Trésors et des bouddha du corps fractionné des dix directions. Ces trois sortes de bouddha sont à mettre en relation avec les trois corps. Le bouddha Shakyamuni est le corps de rétribution, l’Ainsi-venu Maints-Trésors le corps de la loi et les bouddha des dix directions les corps de communication. Si l’on reprend le déroulement du XIe chapitre du Lotus, le bouddha Shakyamuni est présent et enseigne la loi, puis apparaît le stupa précieux de Maints-Trésors qui se manifeste par sa voix et enfin les bouddha des directions se rassemblent. Alors l’assistance de la cérémonie d’enseignement du chapitre du précieux stupa est complète.

trois corps en un seul (三身即一, sanjin soku ichi, sānshēn jí yī) : le corps vivant du Bouddha est la manifestation des trois corps.

trois domaines (三世間, sanseken, sānsìjiān) : ce concept constitue l'un des facteurs permettant d'aboutir au nombre trois mille, dans le système d'Une pensée trois mille. Ces trois domaines sont le domaine des cinq ombres, le domaine des êtres et le domaine des territoires.
- le domaine des cinq ombresindique les différences de qualité des cinq ombres, selon les dix mondes.
- le domaine des êtres montre les différentes sortes d'êtres - chacun d'eux étant constitué par les cinq ombres - qui vivent dans les dix mondes.
- le domaine des territoires représente, dans chacun des dix mondes,l'espace, l'environnement où vivent les êtres.

Trois du sud et sept du nord (南三北七, nansan hokushichi, nánsān běiqī) : système de classification des courants du bouddhisme en Chine durant la période appelée Dynasties du nord et du sud (南北朝, Nánběicháo, 420 – 589) et qui fut une période de fragmentation de l'empire chinois qui suit l'effondrement des dynasties Jin (晉, 265 – 439) et qui voit se succéder différentes dynasties sous forme de royaumes aux durées de vie variables, essentiellement trois au sud et quatre au nord avant la réunification par les Sui (隋) en 581. A cette période des Dynasties du nord et du sud correspond un système complexe de classification des courants du bouddhisme d'alors appelée « les trois du sud et les sept du nord » fondé sur plusieurs critères (contenu des enseignements, objectifs, maîtres, etc). Par la suite Zhiyi a développé des systèmes de classification plus rationnels des textes du Bouddhisme, appelés procédés de distinction des enseignements (教判, kyōban, jiàopàn) basés ou sur le contenu des enseignements (quatre enseignements) ou sur les périodes de prêche par le Bouddha (cinq périodes) et qui donnent une meilleure intelligibité et une vue d'ensemble plus cohérente.

trois dynasties (三朝, sanchō, sāncháo) : à l’instar du caractère chinois cháo qui entre dans sa composition, cette expression recouvre des significations très différentes. Par mutation du sens, cháo désigne le matin, l’aurore mais aussi la cour impériale, une dynastie, une visite, une réunion, voire une orientation. Le terme bouddhique signifie :
- les trois pays et aires culturelles que sont l’Inde, la Chine et le Japon, dans ce cas nous traduisons par "trois dynasties",
- le premier matin de l’année, du mois et du jour,
- le matin du troisième jour du mois,
- trois règnes dynastiques.
Dans les écrits de Nichiren c’est généralement le premier sens qui est utilisé (cf. La Représentation des quatre bodhisattva).

trois égalités (三平等, sanbyōdō, sānpíngděng ) : on trouve différentes listes de ces trois égalités. Nous nous limiterons ici à la liste établie par Vasubandhu dans ses Instructions sur le Sūtra de la fleur de lotus de la loi merveilleuse (妙法蓮華經憂波提舍). Dans cette optique 'lotussienne', ces trois égalités sont :
1. l'égalité des véhicules (乗平等) ; à ce sujet le traité de Vasubandhu dit : « la première d'entre elles est l'égalité des véhicules, ainsi appelée du fait que les auditeurs reçoivent l'annonce de leur éveil car il n'est que le véhicule unique et non pas deux véhicules. Ainsi y a-t-il égalité quant aux véhicules sans la moindre différence entre eux
2. égalité du siècle et du nirvana (世間涅槃平等), siècle dans le sens du monde profane. Sur ce point, Vasubandhu prend pour exemple l'Ainsi-venu Maints-Trésors , alors que celui-ci est déjà décédé, il se manifeste néanmoins quand le Sūtra du lotus est enseigné pour en attester la vérité. Cette manifestation prouve donc que le monde et le nirvana ne sont donc pas séparés et, si l'on pousse ce raisonnement plus loin, il apparaît alors que depuis l'origine ils ne diffèrent pas.
3. l'égalité des corps (身平等) ; toujours en se référant à l'Ainsi-venu Maints-Trésors, Vasubandhu poursuit plus avant sa démonstration. Bien qu'étant décédé Maints-Trésors manifeste son corps, sa présence. De la sorte ce bouddha symbolise l'existence en notre monde de la nature de bouddha. Non seulement sa présence en ce monde mais en chacun des êtres. C'est le principe de l'égalité des corps : corps de chacun, corps d'autrui et corps de dharma.

trois études : voir trois sciences (三學, sangaku, sānxué )

trois grandes lois ésotériques (三大秘法, san daihihō) : comme autre traduction possible : trois grands dharma secrets (ou cachés). Trois principes fondamentaux autour desquels s'articule la pratique du bouddhisme de Nichiren. Il s'agit du honzon de la doctrine originelle (本門の本尊, honmon no honzon), de l'estrade d'ordination de la doctrine originelle (本門の戒壇, honmon no kaïdan) et du Titre de la doctrine originelle (本門の題目, honmon no daimoku). Ces trois enseignements sont réputés ésotériques car ils sont cachés dans les phrases du Sūtra du lotus et plus précisément dans le Chapitre XXI (cf. le texte de Nikkō intitulé La Formulation du secret de la transmission à Pratique-Supérieure des trois grandes lois ésotériques qui traite de cette question et où, en regard des stances du Sūtra, Nikkō dégage les trois lois ésotériques). En savoir plus : Les trois grandes lois ésotériques dans l'œuvre de Nichiren.

troisième de Grands-Pouvoirs (大通第三, Daitsū daisan, Dàtōng dìsān) : expression on ne peut plus condensée qui signifie la troisième sorte d'auditeurs de l'Ainsi-venu Grands-Pouvoirsde Sagesse-Victorieuse. Elle provient du récit du chapitre de la Parabole de la ville fantasmagorique du Lotus. En effet lorsque Grands-Pouvoirs de Sagesse-Victorieuse enseigna le Sūtra du lotus, la réception très différente selon les auditeurs crée trois groupes distincts. Ses seize fils, qui sont déjà des bodhisattva, y adhèrent, un deuxième groupe constitué d'auditeurs croit et comprend mais la multitude des autres, nombreuse et variée ne conçoit que doutes et confusion (voir Le Sūtra du Lotus, Jean-Noël Robert, page 181). Dans le chapitre de la Parabole de la ville fantastique, l'évocation de ce troisième groupe est assez rapide, quelques mots, mais le concept est resté pour désigner ceux-là qui sont privés de lien avec la doctrine originelle et donc sont pratiquement inapte à l'éveil. Ce terme est utilisé par Nichiren dans cette acception notamment dans le Traité qui ouvre les yeux et la Lettre de Sado.

trois mauvaises voies (三悪道, san akudō, sān èdào) : trois premier des dix mondes. On trouve aussi l'expression trois mauvaises destinations. Héritage des anciennes traditions de l'Inde, ces mauvaises voies étaient considérées comme des destinations post-mortem qui rétribuaient une vie aux actes néfastes. Ainsi renaître parmi les prisonniers de l'enfer, les esprits affamés ou les animaux étaient perçu comme la rétribution d'actes nocifs ou dégradants.

trois mille (三千, sanzen, sānqiān ) : nombre résultant de la combinaison des dix mondes - lesquels se contiennent mutuellement -, des dix Ainsi et des trois domaines. La logique de ce calcul est explicitée dans le texte de Nichiren : Le Principe d'Une pensée trois mille (Devenir le Bouddha, Éditions Arfuyen 1993.)

trois mondes (三界, sangai, sānjiè, trailokya): système de classification issu de la cosmologie indienne et constitué du monde du désir, du monde de la forme et du monde du sans-forme. Cette triade recoupe les six premiers mondes du système des dix mondes :
- le monde du désir (欲界, yokkaï, yùjiè, kāma dhātu) qui comprend la terre avec, au-dessous, les enfers et, au-dessus, les cieux. Il inclut les cinq premiers mondes (mondes de l'enfer, des esprits affamés, des animaux, desasura et des hommes), ainsi qu'une fraction du monde du ciel : celle allant jusqu'au sixième ciel, au sommet duquel trône le redoutable Roi-démon du sixième ciel (第六天魔王, Daïrokuten maō, Dìliùtiān mówáng), qui maintient les êtres dans l'asservissement du désir et dans l'espoir de la réalisation des espérances ;
- le monde de la forme (色界, shikikaï, sèjiè, rūpa dhātu) qui comporte quatre étages correspondant aux quatre étapes du recueillement. Il recoupe la fraction du monde du ciel comprise entre le septième et le vingt-quatrième ciel. Les êtres qui y vivent se sont éveillés à la structure réelle des choses et se sont départis de l'aveuglement que crée l'attachement entre objet et sujet du désir ;
- le monde du sans-forme (無色界, mushikikai, wúsèjiè, arūpa dhātu) qui comprend quatre modes d'existence. Il recoupe la fraction du monde du ciel comprise entre le vingt-cinquième et le vingt-huitième (et dernier) ciel. Au-delà de la forme reste la conscience en un état de recueillement profond et merveilleux. Par le fait, les êtres de ce monde-là sont dits "sans forme" et se sont grandement dégagés de la loi causale.
Voir : Correspondance entre les six voies et les trois mondes de la cosmologie indienne.

trois obstacles et quatre démons (三障四魔, sanshō shima, sānzhàng sìmó) : évènements ou influences qui nuisent gravement à la pratique de l’ascèse bouddhique ou qui affaiblissent l’esprit. L’expression "trois obstacles" apparaît dans le Sūtra du nirvana et "quatre démons" dans le Traité des dispositions du maître de yoga (瑜伽師地論, Yuga shijiron, Yúqié shīdìlùn, Yogâcārabhūmi śāstra), traité attribué à Maitreya et dont la traduction chinoise est l’oeuvre de Xuanzang. L’expression complète "trois obstacles et quatre démons" figure dans le Grand Arrêt et examen de Zhiyi et Nichiren insiste bien sur lefait qu’il reprend à son compte cette notion. Il stipule également que ses disciples doivent l’avoir présente à l’esprit. En savoir plus : définition de chacun des trois obstacles et quatre démons.

trois ou des cinq grains de poussière (三五の塵點, sango no jinten) [temps dits des] : l’expression est une abréviation particulièrement ramassée de deux concepts issus du Sūtra du lotus et qui illustrent des périodes de temps cosmiques : éons dits des trois mille grains de poussières (三千塵點劫) et les éons dits des cinq cents grains de poussières (五百塵點劫).

trois perceptions (三受, sanju, sānshòu) : toute perception ressortit à l'un de ces trois types de sensation : douloureux, plaisant, indifférent (ni douloureux, ni plaisant). La perception douloureuse entraîne la répulsion ou la peur, la perception plaisante l'attachement ou le désir, et la perception indifférente le trouble apathique.

trois phases (三世, sanze, sānshì) : perception relativiste qu'a le bouddhisme du temps, qui comprend trois phases : le passé, le présent, le futur.

trois poisons (三毒, sandoku,sāndú) : selon le bouddhisme ces trois poisons sont les symptomes des erreurs qui sont les origines d'actes malheureux pour le sujet et qui troublent puissamment sa lucidité. Le premier d'entre eux est la convoitise (貪, ton, tān, rāga) ou concupiscence, le deuxième la colère (瞋, jin, chēn, pratigha) ou agressivité et le dernier la stupidité (癡, chi, chī, moha). Ils représentent donc une entrave dans l'exercice d'un jugement lucide vis-à-vis de phénomènes qui s'exerce par une réaction passionnelle.

trois preuves (三證, sanshō, sānzhèng ) : trois critères permettant d’évaluer la véracité d’une doctrine ou d’une religion. Il s’agit de la preuve scripturaire (文證, bunshō, wénzhèng), de la preuve rationnelle (理證, rishō, lǐzhèng) et de la preuve actuelle (現證, genshō, xiànzhèng). La preuve scripturaire vise à démontrer que dans les textes même il n’y pas d’incongruité ou d’incohérence interne. La preuve rationnelle (ou principielle) tend à montrer que les enseignements concernés ne sont pas illogiques ou invraisemblables. Enfin la preuve actuelle (ou réelle ou tangible) se situe davantage au niveau de l’existence de ceux qui croient dans l’enseignement en question et vise l’amélioration de leur vie, de leur personne, de leur sort que la mise en pratique du dit enseignement est censée apporter. Dans le bouddhisme de Nichiren cette dernière sorte de preuve est jugée primordiale.

trois racines (三根, sankon, sāngēn ) : il s'agit des racines inférieure, moyenne et supérieure. Le terme racine, comme souvent dans les enseignements bouddhiques, désigne les capacités de réceptivité, de compréhension. Le terme est généralement lié à l'éveil soudain, c'est-à-dire à la faculté de le réaliser. Ainsi trouvons-nous dans le traité de Nichiren Les dix Ainsi (Nichiren, Devenir le Bouddha, Arfuyen 1993) : « Tous les hommes qui se sont engagés dans cette voie possèdent l'une des trois racines, supérieure, moyenne ou inférieure. Pourtant, tous opèrent la révélation, pareillement, en une vie.
Les hommes de racine supérieure, juste en entendant la doctrine, révèlent l'ultime de l'éveil.
Pour les hommes de racine moyenne, il faut soit une journée, soit un mois, soit une année.
Pour les hommes de racine inférieure, quand, cette vie étant le délai imparti, ils arrivent à leur dernier instant, là où on ne peut poursuivre plus avant, ils reviennent à la vision de la présence de l'éveil originel. Et ce comme s'ils s'éveillaient de tous les rêves qui les avaient hantés.
»
On trouve aussi la triade : racines obtuse, moyenne et déliée, dont le sens est similaire.

trois sciences (三學, sangaku, sānxué) : également traduit trois études ou triple étude. Trois principes essentiels dont l'examen et la méditation constituent une partie importante de la pratique du bouddhisme. Il s'agit de l'éthique (戒, kai, jiè, śīla), de la concentration (定, , dìng, dhyāna ) et de la sagesse (慧, e, huì, prajñā). Le pratiquant du bouddhisme est donc celui qui s'entraîne à développer ces facultés. Notons de suite le rapport étroit qu'il existe entre ces trois sciences et les perfections 2, 5 et 6 parmi les six perfections.
La science de l'éthique consiste en la connaissance des préceptes bouddhiques et une réflexion d'ordre moral sur ses propres actes. L'éthique bouddhique est un examen profond et difficile qui vise à réduire la nocivité que nos actes peuvent induire tant pour autrui que pour nous-même.
La concentration est une forme de recueillement ou de méditation qui vise à pacifier l’esprit, à l’amener à un état de calme nécessaire à l’élaboration d'une pensée juste et lucide. Parce que l'esprit est sans cesse sollicité par des pensées confuses ou adventices, il convient de l'entraîner à mener une réflexion cohérente, à intérioriser la vigilance et l’attention dans une concentration profonde.
L'acquisition de la science de sagesse permet la résolution destroubles et des égarements et apporte une connaissance attentive des phénomènes. Cette sagesse permet le discernement lucide (cf. prajñā).
Les maîtres des Écoles du Lotus en se fondant sur le XVIIe chapitre du Sūtra du lotus ont interprété de façon évolutive ces trois sciences. Dans ce chapitre du Lotus, les vertus résultant de la pratique des cinq premières perfections sont jugées bien inférieures à celles que procure une seule pensée de foi et de compréhension du chapitre précédent, le chapitre de la Longévité de l’Ainsi-Venu. Or, comme il a été vu précédemment, les deux premières des trois sciences, l'éthique et la concentration figurent également parmi les cinq perfections (2 et 5 respectivement).
Nichiren dans un traité écrit en chinois et adressé à Toki (Shishin gohon sho, 四信五品鈔, Shōwa teïhon p 1294) prône la science de la sagesse au détriment des deux autres. Mais cette sagesse n'est accessible que par la foi dans le Sūtra du lotus. Nous sommes là, tout à fait dans l'optique du chapitre XVII évoqué ci-dessus. Cette sagesse supérieure que procure la foi, il en fait un principe la transformation de la foi en sagesse (ishindaïe, 以信代慧), littéralement : grâce à la foi on transforme en sagesse.
Un écrit de Nikkō, La Formulation du secret de la transmission à Pratique-Supérieure des trois grandes lois ésotériques (上行所傳三大秘法口訣, Jōgyō shoden sandaihihō guketsu) établit un lien entre les trois sciences et les trois grandes lois ésotériques. Ce parallèle a été repris par la suite : à l'éthique correspond l'estrade d'ordination de l'enseignement originel, à la concentration le honzon de l'enseignement originel et à la sagesse le Titre de l'enseignement originel. En savoir plus : traduction de La Formulation du secret de la transmission à Pratique-Supérieure des trois grandes lois ésotériques.

trois traités [École des] (三論宗, Sanron shū, Sānlùn zōng)

trois trésors (三寶, sanbō, sānbǎo, triratna) : dans de nombreux ouvrages, on trouve souvent comme traduction 'trois joyaux'. Ce par quoi le courant bouddhiste existe, à savoir : le bouddha (佛, hotoke, , buddha ), la loi (la doctrine bouddhique, 法, , , dharma), la communauté des religieux (僧, , sēng, sangha). L'adhésion au bouddhisme se marque en premier par la prise de refuge dans les trois trésors. C'est ce que l'on appelle la triple prise de refuge. Et, tout au long de l'expérience de la pratique du bouddhisme, la réflexion et l'hommage aux trois trésors sont fondamentaux. Voir le script du cours sur les trois trésors.

trois trésors incorporés [les] (一體三寶, ittai sanpō, yītǐ sānbǎo)

trois trésors inhérents [les] (住持三寶, jūji sanpō, zhùchí sānbǎo)

trois trésors manifestes [les] (現前三寶, genzen sanpō, xiànxián sānbǎo)

trois véhicules (三乘, sanjō, sānchéng) : expression fréquemment utilisée dans les sūtra du Grand Véhicule. Il s’agit des deux véhicules auxquels s’adjoint le véhicule des bodhisattva (菩薩乘, bosatsujō, púsàchéng, bodhisattva yāna ). Sur la comparaison avec trois chars, voir le troisième chapitre du Sūtra du lotus. Dans la réinterprétation des doctrines bouddhiques à laquelle ce sūtra se livre volontiers on assiste à une remise en cause des trois véhicules au profit d’un nouveau véhicule unique, celui des bouddha, identifié au Sūtra du lotus lui-même. Voir quatre enseignements, auditeurs, éveillés pour soi, bodhisattva.

trois vérités (三諦, santaï, sāndì) : voir triple vérité.

trois vertus (三徳, santoku, sandé) : il s’agit des trois vertus des bouddha. Il y a deux listes de trois vertus.
1. La première est relative aux trois vertus dont témoigne le Bouddha. Ce sont le corps de dharma, la prajñā et la libération. Le corps de dharma représente le principe véritable (on dit également la loi, dharma) qu’atteste le Bouddha. La prajñā désigne la sagesse du Bouddha qui s’est éveillé à ce principe véritable, et la libération est l’unicité concrète des deux principes précédents en la personne du Bouddha qui ainsi n’est plus tributaire des naissances et des morts et du malheur, il s’est "libéré".
2. L’autre groupe des trois vertus représente les qualités du Bouddha envers les êtres. Dans ce cas, on dit également triple vertu pour montrer que l’attitude unique du Bouddha envers les êtres est porteuse simultanément de ces trois qualités. Ce sont les vertus de souverain (主, shu, zhǔ), maître (師, shi, shī) et parents (親, shin, qīn). La vertu de souverain désigne la capacité de protéger les êtres, celle de maître de les guider et celle de parents de les aimer.
N.B. en parlant des bodhisattva les trois vertus sont : la sagesse, l’intelligence et l’attestation pour Manjushri et le principe, la constance et la pratique pour Sage-Universel.

trois voies (三道, sandō, sāndào) : processus de production et d’actualisation des actes (karman). Ces trois voies sont la voie des passions (煩惱道) - on trouve parfois comme équivalent la voie des égarements (惑道) -, la voie des actes (業道) et enfin la voie de la souffrance (苦道). Le processus agit ainsi : sous l’emprise des passions, des actes sont commis qui sont eux-mêmes générateurs de souffrances. On oppose aux trois voies les trois vertus (cf. ci-dessus la première liste des trois vertus).

troubles [cinq] (五濁, gojoku, wǔzhuó, pañca kaṣāya)

Tsukahara (塚原) : littéralement la Plaine aux Tertres. Lieu-dit de l'île de Sado où Nichiren trouva refuge au début de son exil (1271). Il est resté environ cinq mois dans ce lieu, probablement un ancien cimetière résidant dans une chapelle délabrée, la chapelle du samadhi (三昧堂) après quoi il put être transféré à Ichinosawa (一谷).

tsūkyō (enseignement commun, 通教, tōngjiào)

tuìzhuǎn (régresser, 退轉, taïten)

tuóluóní (formules détentrices, 陀羅尼, darani, dharani)

Tuóluóní pǐn (Formules détentrices, 陀羅尼品, Darani hon ) XXVIe chapitre du Sūtra du lotus.

Tuṣita (兜率天, Tosotsu ten, Dōushuài tiān, Tuṣita ) : le terme chinois est une translittération du sanskrit Tuṣita qui signifie bienheureux, satisfait (tuṣ (तुष्) : se réjouir). Quatrième ciel du sixième monde (cf. Correspondance entre les six voies et les trois mondes de la cosmologie indienne). Le monde du ciel comprend vingt-huit cieux et celui de Tusita est le quatrième. Rappelons que parmi ces vingt-huit cieux les six premiers sont inclus dans le monde du désir. Ce ciel de Tusita est réputé comme étant un séjour particulièrement heureux. Il serait la dernière demeure des bodhisattva avant que ceux-ci n'aillent renaître dans le monde des hommes pour mener à sa fin la carrière bouddhique. Il comprendrait deux palais l'un dit de la Cour intérieure (內院, Naiïn, Néiyuàn) et l'autre de la Cour périphérique (外院, Geïn, Wàiyuàn). Le premier serait la demeure du bodhisattva Maitreya et le second un lieu d'agrément des divinités.

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