D


A B C D E F G H I J K L M N O P Q R S T U V W X Y Z




Daban niebanjing (Sutra du grand nirvana, 大般涅槃經, Daihatsu nehangyo, Mahaparinirvana sutra)

dacidabei (grandes compassion et miséricorde, daijidaihimahamaitri mahakaruna) : voir compassion et miséricorde.

dadaoshi (grand maître et guide, 大導師, daïdoshi )

Daibadatta (Don des Dieux, 提婆達多, Dipodaduo, Devadatta)

Daïbadatta hon (Don des Dieux [chapitre], 提婆達多品, Dipodaduo pin)

daïdoshi (grand maître et guide, 大導師, dadaoshi)

Dai Gohonzon : voir honzon.


Daihatsu nehangyo (Sutra du grand nirvana, 大般涅槃經, Daban niepanjing, Mahaparinirvana sutra)

daïjo (Grand Véhicule, 大乘, dasheng, mahayana)

daijokyo (sutra  du  Grand Véhicule, 大乘經, dashengjing, mahayana sutra)

Dajue (Grand-Eveil, 大 覺, Daïkaku)

Daïkaku (Grand-Eveil, 大覺, Dajue)

daijidaihi (grandes compassion et miséricorde, dacidabeimahamaitri mahakaruna) : voir compassion et miséricorde.

Daijizaiten (Seigneur-Souverain ou grand Seigneur-Souverain, 大自在天DazizaitianMahesvara)

daïmoku (titre, 題目, timu)

Daïmyojin : voir Hachiman.

Dainehangyosho (Commentaire du Sutra du grand nirvana大涅槃經疏, Daniepanjingshu)

daïshi (grand maître, 大師, dashi)

Daïrokuten mao (Roi-démon du sixième ciel, 第六天, diliutian mowang

Daiten (Cieux-Elevés, 大天, Dàtiān, Mahādeva)

Daitsū Chishō (Grands-Pouvoirs de Sagesse-Victorieuse, 大通智勝, Dàtōng Zhìshèng, Mahâbhijñāānâbhibhū)

Daitsū daisan (troisième de Grands-Pouvoirs, 大通第三, Dàtōng disan)

dana (don, 布施, fuse, bushi)

dana (bienfaiteur, 檀那, danna, tanna)

dangti (corps, 當體, totai)

Daniepanjingshu (Commentaire du Sutra du grand nirvana大涅槃經疏, Dainehangyosho)

danna (bienfaiteur, 檀那, tanna, dana)

dao (voie, , do)

Daoan (道安, 314~385, en japonais Doan) : Moine érudit chinois de l’époque des Jin orientaux.  Originaire du Hebei et issu d’une famille de lettrés confucéens, il perd ses parents très jeune et, à 12 ans, devient moine bouddhiste. Il étudie sous la direction de Fotudeng (佛図澄). Il préside à la traduction de nombreuses traductions et établit un catalogue des traductions existantes. Il rédige également un traité sur les règles monastiques destiné aux moines et aux nonnes. Les travaux de Daoan ont permis de dégager les spécificités du bouddhisme et de poser les bases de son développement en Chine à l’époque où les premiers grands traducteurs tel Kumarajiva sont actifs.

Daoan (道安, en japonais Doan) : Moine chinois autodidacte du VIe siècle.  Il se retire dans les monts Taibaishan (太 百山) pour approfondir les enseignements bouddhiques. Il devient un fin connaisseur notamment du Sutra du Nirvana et du Traité de la grande vertu de sagesse (大智度論) de Nagarjuna. En 569 alors que lmène une politique d’oppression du bouddhisme, il soumet à l’empereur son Traité des deux enseignements en douze fascicules (二教論十二編) sans que toutefois cela ne tempère l’action impériale. Le taoïsme est également réprimé. L’empereur Wu semble toutefois avoir été impressionné par Daoan car il lui demande de quitter les ordres pour embrasser la carrière de lettré mais Daoan refuse. Il incarne un exemple de rectitude morale. Il est cité dans la Lettre de Sado. Ce moine est assez peu connu, j’ai trouvé ces quelques éléments biographiques dans le Nichiren daishonin gosho jien de Yamamine Kiyoshi (山峰淳). 

Nous avons davantage de données sur un homonyme qui remonte à une époque plus ancienne, cf. ci-dessus entrée précédente.

daojiao (taoïsme, 道教, dokyo)

daolitian (trente-tois cieux, 忉利天, toriten, trayastrimsa)

daoma zhuwei (riz et chanvre, bambous et roseaux, 稻 麻竹 葦, doma kuchiï)

Daosui 道邃 (dates imprécises) : religieux chinois souvent appelé le précepteur Daosui (道 邃和尚, Daosui heshang). Originaire du Shandong, après avoir occupé un emploi dans l'administration il se destine à la vie religieuse et devient le disciple de Zhanlan (711 – 782) auprès duquel il apprend la spiritualité du Tiantai Il devient le septième patriarche du Tiantai et lors du séjour de Saicho (767 – 822) en Chine, il lui transmet les doctrines et la tradition de cette école. Il a commenté des sutra, notamment le Nirvana ou Nom-Pur ainsi que les œuvres majeures du Tiantai tel l'Arrêt et Examen.

darani (formules détentrices, 陀羅尼, tuoluoni, dharani)

Darani hon (Formules détentrices, 陀羅尼品, Tuoluoni pin)

dasheng (Grand Véhicule, 大乘, daïjo, mahayana)

dashengjing (sutra  du  Grand Véhicule, 大乘經, daijokyo, mahayana sutra)

dashi (grand maître, 大 師, daïshi )

Dàtiān (Cieux-Elevés, 大天, Daiten, Mahādeva)

Dàtōng disan (troisième de Grands-Pouvoirs, 大通第三, Daitsū daisan)

Dàtōng Zhìshèng (Grands-Pouvoirs de Sagesse-Victorieuse, 大通智勝Daitsū Chishō, Mahâbhijñāānâbhibhū)

Dazizaitian (Seigneur-Souverain ou grand Seigneur-Souverain, 大自在天, DaijizaitenMahesvara)

dedao (obtention de la voie, 得 道, tokudo)

dedu (obtention du passage, 得度, tokudo)

Déesse de clarté Shiga (志賀の 明神Shiganomyōjin) : voir Princesse Sayo de Matsura (松 浦佐用姫).

Déesse Mère des Enfants Démons (鬼子母神, Kishimojin, Guizimushen, Hariti) : ogresse convertie par le Bouddha et mère de très nombreux enfants démons (cinq cents ou plus selon les textes). En savoir plus sur la Déesse Mère des Enfants Démons : légende, représentations, symbolique.


degrés [cinquante-deux] (gojuni i, wushier wei)

Délectation de la Loi [aspirant] (楽法梵志, Gyōbōbonji, Yuefafànzhi): Personnage qui apparaît dans le 49e volume du Traité de la Grande vertu de sagesse (大智度論, Daichidōron, Dazhidulun, Mahāprajňāpāramitāsāstra) et qui aurait été une existence passée du bouddha Shakyamuni alors que celui-ci se livrait aux austérités de la voie de boddhisattva. Délectation de la Loi renvoie à la recherche de la loi et "aspirant" désigne le souhait de connaître l'enseignement de Brahma. Dans le Traité de la Grande vertu de sagesse  Délectation de la Loi se livre aux austérités de boddhisattva mais il ne peut rencontrer le Bouddha et donc recevoir l'enseignement puisque dans cette époque le Bouddha n'était pas encore apparu. Survient alors un démon, qui sous l'apparence d'un brahman,  lui dit qu'il serait en mesure de lui écrire une stance des enseignements bouddhiques s'il fait don de sa peau afin que d'en faire un parchemin, de ses os pour pinceau et de son sang pour encre. Délectation de la Loi sur le champ arrache sa peau, la tanne afin que d'en faire un support pour écrire, mais le démon a disparu. Heureusement, le Bouddha a assisté à cette scène et a pu sonder la détermination de Délectation de la Loi. Il lui enseigne donc les principes profonds du bouddhisme et à l'écoute de ceux-ci, Délectation de la Loi s'éveille à l'impassibilité de la loi de non naissance (無生法忍, mushōhōnin). Nous trouvons des récits similaires sur l'abandon du corps dans le cadre de la pratique de bodhisattva avant l'apparition d'un bouddha. Citons notamment le Garçon des Monts Enneigés qui également abandonne son corps à un démon. Dans la Lettre de Sado les deux cas sont mentionnés successivement.

délivrance : autre traduction pour libération (解 脱, gedatsu, jietuo, vimukti)

Demeure commune des diversités (cf. Lettre à Niike)

demeures des artifices démoniaques (魔縁の住家, maen no sumika) : artifices utilisés par les démons (ma) pour égarer et empêcher la pratique du bouddhisme. Sumika demeure, lieu d'habitation. On perçoit le sens global mais c'est difficile de traduire d'une façon directe car sumika se réfère à un être ou un individu et maen à une action utilisée par les démons (ma) pour égarer et empêcher la pratique du bouddhisme.

démon céleste malfaisant (天魔 波旬, tenma hajun, tianma boxun) : hajun, boxun est une translittération du sanskrit papiyas qui signifie assassin ou vil. L’expression peut s’appliquer soit au Roi démon du sixième ciel soit aux autres démons de ce sixième (et dernier) ciel du monde des désirs. Selon la cosmologie bouddhique, le roi de ce sixième ciel empêche de quitter le monde du désir pour accéder au monde de la forme.

démons (trois obstacles et quatre démons, sanso shima)

dengjue (éveil d’indifférenciation, tokaku)

dengranmenghua (brasier et fournaise, 灯 燃猛火, tonenmyoka)

dengwei ji miao (l'état actuel s'identifie à la merveille, 當位即妙, toï sokumyo)

deng yiqi zhufo (l'égalité avec tous les bouddha, 等一切諸佛, to issaï shobutsu, sarvabhuddasama)

Dengyo (傳教): cf. Grand maître Dengyo (傳 教大師, Dengyo daïshi) et Saïcho.

dénigrement de la loi  (謗法, hobo, bangfa) : on trouve d'autres traductions notamment opposition à la loi. Ce terme est une abréviation de hibo shoho (誹謗正法, feibang zhengfa) : l'offense à la loi juste. Voir offense à la loi et quatorze offenses.

Desheng (Possession-Victorieuse, 得勝, Tokusho)

de son vivant ou en son temps (一代, ichidaï, yidai) : littéralement, ichi : un et dai : génération, époque, règne. Expression employée pour désigner le temps où vivait le bouddha Shakyamuni et que l’on retrouve dans plusieurs composés comme : les enseignements sacrés délivrés de son vivant (ichidaï shokyo, yidai shengjiao) ou les cinq périodes de son temps (ichidaï goji, yidai wushi).

de son temps (在世, zaise, zaishi) : cette expression n'est pas en elle-même un terme bouddhique. Elle signifie l'époque durant laquelle un individu était vivant. Toutefois dans les textes bouddhiques, elle désigne l'époque où le Bouddha était vivant. En ce sens elle fonctionne comme une abréviation de 'du temps du Bouddha' (佛 在世, hotoke zaise, fo zaishi). Cf. de son vivant.

deshi (disciple, 弟子dizi, sisya)

deux ainsités (二如, ninyo, èrrú) : article en cours de rédaction. Voir véritable ainsité invariante (不 變真如, fuhenshinnyo, bùbiànzhēnrú) et véritable ainsité selon les conditions (隨 縁真如, zuienshinnyo, suíyuánzhēnrú).

deux bouddha (佛, nibutsu, erfo) : plusieurs listes de ces deux bouddha, parmi elles :

- Les deux corps du bouddha c'est-à-dire le corps de dharma (法 身, hosshin, fashen, dharmakaya) et le corps vivant (, shoshin, shengshen, janma kaya).
- Les deux bouddha de la cérémonie du Lotus : les bouddha Shakyamuni et Maints-Trésors.
- Le bouddha Shakyamuni et Maitreya, le bouddha du futur.

deux corps (, nishin, ershen) : plusieurs listes des deux corps. Parmi elles, certaines concernent le corps de l'homme ordinaire et d'autres le corps du bouddha. Citons notamment  le corps de dharma (法 身, hosshin, fashen, dharmakaya) et le corps vivant (, shoshin, shengshen, janma kaya).

deux mondes, huit groupes (二界八番, nikaihachiban, erjiebafan) : l'assemblée qui prend place lors du chapitre Prologue du Sutra du lotus pour écouter le Bouddha peut être répartie en 3 groupes distincts : les bodhisattva, les auditeurs et les autres qui forment une assemblée nombreuse et composite. Ce dernier groupe est appelé foules diverses (雑衆, zasshu, zazhong). Il comprend (1) le groupe du monde des désirs, (2) le groupe du monde de la forme, (3) celui des rois dragons, (4) celui des rois chimères, (5) celui des rois gandharva, (6) celui des rois asura, (7) celui des rois garuda et pour finir (8) celui des rois humains.

deux sages et deux divinités (天, nisho niten, ersheng ertian) : les deux sages sont les deux premières des cinq bonnes divinités successives qui interviennent dans le chapitre XXVI du Lotus à savoir les bodhisattva Roi des Remèdes et Don-Héroïque. Les deux divinités sont les rois célestes Grande-Ecoute et Gardien du Pays qui sont les suivantes parmi ces divinités successives du chapitre XXVI du Lotus. Nichiren utilise notamment cette expression dans L'Épitre aux frères.

deux véhicules (二 乘, nijo, ersheng) : on trouve deux acceptions différentes de cette expression.

1°) Dans le contexte des sutra du Grand Véhicule et tout particulièrement dans le Sutra du lotus, l’expression désigne les auditeurs et les éveillés pour soi, c’est-à-dire en regard du système des dix mondes, les êtres des septième et huitième mondes. C’est l’un des thèmes essentiels de la première moitié du Lotus que de dénier aux niveaux de conscience atteints par les auditeurs et les éveillés pour soi la capacité d’être un "véhicule" pour la réalisation de l’éveil. L’idéal humain établi par les qualités des êtres de ces deux véhicules est présenté comme un moyen habile et graduel utilisé par le Bouddha pour faire progresser ses disciples. Ceci dit, les principaux représentants de ces deux véhicules, tels le disciple Shariputra, se voient prédire leur accession à l’éveil dans ces mêmes chapitres. A cet égard, comparé à d’autres sutra du Grand Véhicule, le Lotus reconnaît aux auditeurs et éveillés pour soi la capacité d’accéder à l’éveil mais pas cependant au travers des pratiques propres à ces deux véhicules. Cette nuance est importante.

2°) Deux véhicules signifie également le véhicule des auditeurs et celui des bodhisattva. Rappelons que le terme véhicule désigne l’enseignement et les pratiques susceptibles de représenter une voie permettant de réaliser l’éveil bouddhique. Dans ce cas, le véhicule des auditeurs (shomonjo, shengwensheng, sravaka yana) désigne le Petit Véhicule et le véhicule des bodhisattva (bosatsujo, pusasheng, bodhisattva yana) le Grand Véhicule puisque auditeurs et bodhisattva représentent l’idéal de chacune de ces deux traditions du bouddhisme.

deux voies de la doctrine et de l'acceptation [les] (教 證二道, kyosho nido, jiazheng erdao) : voir voie de la doctrine et la voie de l’attestation [la] (教 道證道, kyodo shodo, jiadao zhengdao)

deva (divinité, 天人, tennin, tianren) : voir ciel, sens 2.

Devadatta (Don des Dieux, 提婆 達多, Daïbadatta, Dipodaduo)

deva loka (monde céleste, 天界, tenkai, tianjie) : voir ciel.

devata (êtres célestes, 天神, tenjin, tianshen) : voir ciel, sens 2.

devenir la voie (成道, jodo, chengdao) : réaliser pleinement la voie bouddhique et donc devenir le bouddha. On remarquera la nuance d'identification que comporte cette expression et qui exprime la transformation due au parcours de la voie bouddhique. D'autres expressions comportant le mot voie (do, dao) désignent des étapes de ce parcours, notamment nyudo, rudao, entrer sur la voie, gyodo, xingdao, progresser sur la voie. Obtention de la voie (tokudo, dedao) ou obtention du passage (tokudo, dedu - premier sens) sont des équivalents. Devenir la voie est le sixième des huit signes de réalisation d'un bouddha (hasso sabutsu, baxiang zuofo).

dharani (formules détentrices, 陀羅尼, darani, tuoluoni)

dharma (loi, , ho, fa) : Plusieurs sens. A l'origine le dharma désigne l'ordre (le bon ordre) du monde et de la société. Ainsi ce qui est contraire au dharma est adharma c'est-à-dire anormal, vicié. Dans le bouddhisme, le dharma signifie souvent l'enseignement bouddhique lui-même, c'est-à-dire la loi, la doctrine qui explicite le réel et à laquelle le Bouddha s'est parfaitement éveillé, c'est la loi juste, la bonne loi, la loi merveilleuse. Par extension du sens, cette loi d'existence du réel désigne également les éléments qui en sont les constituants. Dans ce cas le sens est proche de termes tels que phénomènes ou choses. En savoir plus : Etymologie du mot dharma et traduction chinoise.

dharmabhanaka (maître de la loi, 法師, hosshi, fashi)

dharmadatu (monde des dharma, , hokaï, fajie)

dharmakaya (corps de dharma, 法身, hosshin, fashen)

dharma mega (nuée de la loi, , hounji, fayundi)

dharmamudra (sceaux de la loi, 法 印, hoïn, fayin )

Dharmashakrapravartana sutra (Sutra de la mise en mouvement de la roue de la loi, 轉 法輪經, Temboringyo, Zhuan fa lun jing )

dharmata (nature de dharma, 法性, hossho, faxing)

dhatu (monde, kaï, jie)

Dhrtarastra devaraja (roi céleste Gardien du Pays, 持國天王, Jikoku tenno, Chiguo tianwang)

dhyana (concentration, 禪定, zenjo, chanding)

dieu (天 人, tennin, tianren, deva) : voir ciel, sens 2.

différences : [quatre identités et six différences] (同六異, shido rokuï)

digne d'offrandes (應供, ogu, yinggong, arhat) : cf. dix épithètes.

Diliutian mowang (Roi-démon du sixième ciel, 第六天, Daïrokuten mao)

Dingguang (bouddha ou bodhisattvaVase de Clarté, Joko)

Dipamkara (bouddha Brûle-Lampe, 燃燈佛, Nendo butsu, Randeng fo)

Dipodaduo (Don des Dieux, 提婆達多, Daibadatta, Devadatta)

Dipodaduo pin (Don des Dieux [chapitre], 提婆達多品, Daïbadatta hon)

Discernement des œuvres et vertus [chapitre] (分別功徳品, Funbetsu kudoku hon, Fenbie gongde pin) : XVIIème chapitre du Sutra du lotus. Après la révélation de la longévité de l’Ainsi-venu du chapitre XVI, ce chapitre-ci expose les mérites obtenus par ceux qui se seront réjouis de cet enseignement ou l’auront appréhendé. Les vertus conséquentes à cet éveil sont variées et dépendent du degré de maturation spirituelle de chacun. Toutefois elles sont immenses : compréhension de la non-production des dharma, éloquence, mise en mouvement de la roue de la loi, obtention de l’éveil complet en plusieurs renaissances, voire en cette vie même. Après cet exposé des fleurs pleuvent sur l’assemblée et les deux bouddha réunis dans le stupa de Maints-Trésors, magnifient encore la perception de cette scène. Maitreya reprend les propos du Bouddha qui précise sa pensée. Si, juste un instant, on peut produire une pensée de foi et de compréhension quant à la longévité de l’Ainsi-venu, les vertus obtenues seront bien supérieures à celles que la pratique des cinq perfections (五波羅蜜, go haramitsu, wu polomipanca paramita) procure. Juste croire "en une seule opération de la pensée" en la longévité du Bouddha entraîne des mérites inestimables, le comprendre permet de concevoir la sagesse de l’Ainsi-venu et alors, la vision de l’enseignement du Lotus au mont du Vautour apparaît et notre monde est transfiguré. Cette pratique prime sur celle du don à la communauté monastique. Toutefois si l’on peut en outre propager, copier, exposer le Sutra du lotus et se livrer aux pratiques du don, du respect des préceptes, de la patience, du zèle, de la concentration de la pensée et de la sagesse, les vertus obtenues seront insurpassables. Ceux qui agissent de la sorte méritent d’être grandement honorés. L’un des points significatifs de ce chapitre est qu’il permet de se faire une idée de la pratique propre au Sutra du lotus ; avant la pratique des cinq perfectionnements, il demande la compréhension de ce sutra et plus particulièrement de son seizième chapitre, la Longévité de l’Ainsi-venu. En ce sens, cette mise en pratique demande un effort spirituel spécifique.

disciple (弟子, deshi, dizi, sisya) : personne qui reçoit l'enseignement d'un maître. Ce terme désigne également les disciples religieux pour les distinguer des bienfaiteurs (檀那, danna, tanna, dana) qui sont des disciples de la communauté laïque. Cf. religieux.

disposition première (初地, shoji, shidi) : est également traduit par terre première. Première des dix dispositions (十 地, juji, shidi) qui constituent les étapes du progrès spirituel des bodhisattva, quarante et unième des cinquante deux degrés (五十二位, gojuni i, wushier wei) qui marquent le parcours entre la première manifestation de l’esprit de bodhi et l’éveil merveilleux. Cette première terre porte le nom de disposition de joie.

dispositions (機, ki, ji) : autre traduction aptitudes. Capacités pas forcément manifestées et qui peuvent se révéler sous l’impulsion d’un facteur déterminant. Le plus souvent, l’expression est employée pour désigner les aptitudes des êtres vis-à-vis de l’enseignement de la loi bouddhique. Celui qui enseigne la loi bouddhique ne peut pas se permettre de faire l’économie de la connaissance des capacités de son auditoire, de son mode de réflexion ou de sa culture, faute de quoi son enseignement risque d’être stérile ou d’amener des confusions difficiles ensuite à corriger.

dispositions [dix] (十地, juji, shidi)

Dishi (帝釋, Taïshaku, Indra)

divinité (天人, tennin, tianren, deva) : voir ciel, sens 2.

divinités apparitionnelles (用の神, yu no kami) : apparences, corps d'emprunt que revêtent les divinités pour accomplir un but précis. Dans les mythes de l'Extrême-Orient les dieux apparaissent sous des formes diverses qu'ils empruntent et qui sont les plus adéquates pour les buts qu'ils se donnent. Les humains en général les perçoivent sous ces formes d'emprunt. Notons que d'une certaine manière nous retouvons cette capacité de travestissement chez des bodhisattva tels par exemple Contemplateur des Sons du Monde. Toutefois, dans le chapitre du Lotus qui lui est consacré, nous voyons que ce sont des personnages existants qui assument ses fonctions, plutôt qu'une volonté de sa part qui le ferait apparaître sous un déguisement. Antonyme : divinités incarnées.

divinités du ciel et de la terre (神祇, jingi) : esprits du ciel et du sol. Sur ces notions qui relèvent plutôt du shintoïsme, voir sept règnes de divinités célestes et cinq règnes de divinités terrestres, divinités tutélaires.

divinités incarnées (體の神, tai no kami) : tai () le corps, kami () esprit, divinité. Divinités elles-mêmes par opposition à leur forme apparitionnelle, cf. divinités apparitionnelles.

divinités tutélaires (守護の善神, shugo no zenjin) : divinités qui protègent la loi bouddhique et ceux qui la pratiquent. Le bouddhisme n'étant pas à proprement parler une religion théiste, il s'agit le plus souvent de divinités vénérées avant l'apparition du bouddhisme, par exemple les dieux du brahmanisme ou des animismes ou shamanismes locaux, qui ont été incorporés dans le panthéon bouddhique. Il est dit que ces divinités tutélaires se nourrissent de la saveur résultant de la pratique de la loi bouddhique. Dès lors, si ce n'est plus la loi correcte qui est pratiquée dans leurs sanctuaires, elles les abandonnent et retournent dans les cieux qui sont leur demeure naturelle. On peu remarquer également un certain syncrétisme qui s'est opéré et qui a fait que des divinités anciennes et locales  ont pris une 'coloration' bouddhique, par exemple, au Japon, Hachiman est devenu le "grand bodhisattva Hachiman". Dans le relativisme général qu'implique la théorie de la présence mutuelle des dix mondes, pour les hommes (cinquième monde) que nous sommes, les divinités sont la représentation commune à toutes les cultures des forces dont la manifestation nous semble excéder nos capacités.

dix Ainsi (如是, ju nyoze, shi rushi) : extrait de la première partie du chapitre des Moyens du Sutra du lotus (réf.), dans la traduction de Kumarajiva, mis en exergue par Zhiyi. Ce principe constitue l'un des trois facteurs permettant d'aboutir au nombre trois mille dans le système d'Une Pensée trois mille. L'extrait du chapitre des Moyens est le suivant :

"Ce que le Bouddha a accompli
Est la loi première, rare et abstruse
Seulement de bouddha à bouddha
L'aspect réel des dharma est saisi dans son intégralité
Ce qui signifie que pour tous les dharma
Ainsi est l'aspect (如是 相, nyozeso, rushixiang)
Ainsi est la nature (如是性, nyozesho, rushixing)
Ainsi est la corporéité (如是體, nyozetaï, rushiti)
Ainsi est l'énergie (如是力, nyozeriki, rushili)
Ainsi est la production (如是作, nyozesa, rushizuo)
Ainsi est la cause (如是因, nyozein, rushiyin)
Ainsi est la condition (如是縁, nyozeen, rushiyuan)
Ainsi est l'effet (如是果, nyozeka, rushiguo)
Ainsi est la rétribution (如是報, nyozeho, rushibao)
Ainsi est l'égalite totale de l'origine et de la fin (如是本末究竟等, nyozehonmakkukyo to, rushibenmojiujing deng)"

La compréhension de cet extrait est loin d'être aisée et nous ne voudrions pas accroître la difficulté par l'expression. Lorsque l'on dit "ainsi est l'aspect, ainsi est la nature", une des lectures possibles est que le monde nous apparaît comme étant un aspect, une nature, etc. Cela ne signifie pas qu'il soit un aspect, une nature, etc. Dans la combinatoire avec les dix mondes qui entre dans le calcul du nombre 3000, dans l'expression Une pensée trois mille, cela signifie que chacun des dix mondes se manifeste comme un aspect, une nature, une corporéïté, etc. Par exemple, pour le monde des hommes, qui est celui qui devrait nous être le plus familier, il possède dix Ainsi qui lui sont propres et caractéristiques et qui diffèrent de ceux des mondes des animaux ou des dieux par exemple. Ces dix Ainsi le caractérisent et le rendent différent des neuf autres mondes.

On peut aussi s'interroger sur la relation entre "aspect réel  des dharma(諸 法實相, shoho jisso, zhufa shixiang)" et "Ainsi est (nyoze)", sachant que lorsque l'on décrit quelque chose par comparaison, on ne décrit forcément pas la chose elle-même mais un caractère qu'elle a en commun avec ce à quoi on la compare. C'est-à-dire que cet "aspect réel (jisso) des dharma" reste communicable uniquement de "bouddha à bouddha". Pour nous, il nous est donné un indice, c'est qu'il apparaît en tant qu'aspect (so), nature (sho), corporéïté (taï), etc. Pour une réflexion plus profonde sur ce concept on se reportera avec profit aux traités de Nichiren Le Principe d'Une pensée trois mille et Les dix Ainsi dans Devenir le Bouddha, éditions Arfuyen, 1993. Sur l'apparition des dix Ainsi dans la version chinoise de Kumarajiva et les écarts pris avec le texte sanskrit, on peut consulter l'étude de Jean-Noël Robert : Cinq et cinq font-ils dix ? In Le Vase de béryl, éditions Philippe Picquier, 1997.

dix degrés de la foi (十信, jisshin, shixin) : première section des cinquante-deux degrés. Il s’agit de dix étapes consécutives qui inaugurent les pratiques de bodhisattva et qui sont liées au développement de la foi. Dans le bouddhisme, on ne cherche pas à développer une foi aveugle ou à croire mordicus dans des choses incroyables. Comme on le voit au travers de ces dix degrés de la foi, on développe une confiance de plus en plus ferme dans la validité de l’enseignement et des pratiques. La foi s’assortit donc de prises de conscience et de décisions. En savoir plus : détail des dix degrés de la foi.


dix dispositions (十地, juji, shidi) : est également traduit par dix terres ce qui est plus proche du sens premier de l’idéogramme. Ces dispositions sont des capacités, des expériences ou des fonctionnalités du mental que la pratique du bouddhisme révèle. Elles sont également perception d’un environnement qui est spécifique pour chacune d’entre elles, d’où la notion de "terres". Les dix dispositions représentent les degrés quarante et un à cinquante des cinquante-deux degrés (五 十二位, gojuni i, wushier wei) qui marquent le parcours entre la première manifestation de l’esprit de bodhi et l’éveil merveilleux. Ce parcours est reconnu par plusieurs courants du bouddhisme chinois qui ressortissent de l’enseignement distinct ou de l’enseignement global, notamment les écoles Guirlande de fleurs (華 嚴 宗, Kegon shu, Huayan zhong) et Tiantai. Un sutra constitutif du Sutra de la guirlande de fleurs relatif aux dix dispositions a été traduit en français : Soûtra des Dix Terres, traduction Patrick Carré, éditions Fayard, 2004.
Ces dix dispositions sont les "sols" ou terrains nécessaires à l’apparition des deux éveils supérieurs (cinquante et unième et cinquante deuxième degrés) : l’éveil d’indifférenciation (等覺, tokaku, dengjue) et l’éveil merveilleux (妙覺, myokaku, miaojue). En savoir plus sur les dix dispositions.

dix directions (十方, jippo, shifang) : nord, sud, est, ouest, nord-ouest, nord-est, sud-est, sud-ouest, zénith et nadir. Cette expression symbolise le déploiement de l'espace.

dix épithètes (十號, jugo, shihao) : on trouve aussi comme autres traductions dix apellations, dix titres ou dix noms (honorifiques). Liste de dix termes désignant un bouddha par l'énumération de qualités particulièrement  insignes.  A quelques variantes  près, on retrouve ces termes dans plusieurs textes ou sutra du Grand Véhicule. Ainsi au chapitre III du Lotus, lorsque le Bouddha prédit à Shariputra l'accession à l'éveil il nomme les qualités du bouddha futur que sera son disciple en énonçant ces dix qualités. Les dix épithètes désignant un bouddha sont : 1. Ainsi-venu, 2. digne d'offrandes, 3. juste et universel en son savoir, 4. pourvu de siences et de pratiques, 5. bien parti, 6. connaisseur du monde, 7. suprême, 8. dompteur, 9. maître des dieux et des hommes et 10. éveillé, vénéré du monde. En savoir plus : liste des dix épithètes.

dix-huit domaines (十八界, juhakkaï, shiba jie, 18 dhatu) : le terme chinois jie (limite, frontière, territoire, monde, milieu, sphère) est très souvent employé pour rendre le sanscrit dhatu. Nous retrouvons donc ce terme dans de nombreuses expressions bouddhiques comme trois mondes ou dix mondes, par exemple. L’étymologie est reflétée par le sens premier (limite) qu’a encore de nos jours ce terme en chinois ; il désigne la ligne de partage entre deux rizières. Dans sa définition du mot dhatu, l’Abidharmakosa (réf.) n’est pas d’une clarté lumineuse ; après quelques rapprochements avec les notions de lignée, de race et même de mine il s’oriente vers le concept d’espèce, dans le sens de caractère spécifique et commun permettant de classifier. C’est bien ce sens qui apparaît dans cette notion des dix huit domaines.

Les dix-huit domaines sont constitués des :

- six racines,
- six lieux et
- six consciences.

Sur six racines et six lieux qui constituent les douze entrées on se reportera à cet article pour plus d’informations. Les six consciences sont les six premières des neuf consciences. Voir également triple harmonie, trois catégories, cinq éléments.

On peut se reporter également au Descriptif des six consciences. En savoir plus :
- Les dix-huit domaines, fonctionnement de la triple harmonie,
- Diagramme du système des cinq éléments, douze entrées et dix-huit domaines.

dix mondes (十界, jikkai, shijie) : abréviation de dix mondes de dharma 十法界. Classification établie par Zhiyi, qui distingue dix sortes de mondes auxquels appartiennent chacun des êtres : le monde de l'enfer, le monde des esprits affamés, le monde des animaux, le monde des asura, le monde des hommes, le monde du ciel, le monde des auditeurs, le monde de l'éveil pour soi, le monde des bodhisattva, le monde des bouddha. Dans le cycle des vies et morts (samsara), l'existence se perpétue toujours dans les six premiers mondes, et seul le bouddhisme permet d'échapper à ces "six voies" pour arriver aux "quatre voies saintes", qui sont les quatre derniers mondes. Par le fait, les bouddhistes pensent que les autres doctrines permettent de percevoir au mieux le sixième monde, c'est-à-dire le ciel, séjour des dieux. En savoir plus Présentation des dix mondes.

dix ogresses (十羅刹女, jurasetsunyo, shiluochanu, raksasi) : personnages apparaissant dans le chapitre des Formules détentrices du Sutra du lotus (cf. cinq bonnes divinités successives). Ces dix ogresses sont les filles de la Déesse Mère des Enfants Démons. Notons que dans ce chapitre du Lotus leur mère n’a pas un rôle plus prépondérant que chacune des dix ogresses. C’est l’une d’elles, Kunti, qui est l’interlocutrice du Bouddha (c’est plus clair encore dans le texte sanskrit). Dans les enseignements antérieurs au Sutra du lotus, ces ogresses qui ressortissent du monde des esprits affamés étaient perçues comme des personnages nocifs pour les vivants ; au contraire dans le Lotus, converties au bouddhisme, elles ont une influence bénéfique comparable à celle des bonnes divinités. En savoir plus : appellation de chacune des dix ogresses.


dix perfections (十波羅, ju haramitsu, shi polomi, dasa paramita) : ajout de quatre perfections à la liste normale des six perfections. Cet ajout a été tardif et d’ailleurs selon les traditions bouddhiques, la liste des perfections rajoutées varie quelque peu. Le caractère tardif de cet ajout fait que la tradition du bouddhisme du nord (Extrême-Orient, Grand Véhicule) présente quelques différences avec celle du sud (Inde, Sri Lanka, Petit Véhicule). On ne peut placer cet apport de quatre nouvelles perfections supplémentaires sur le même plan que les six perfections d’origine. Les perfections rajoutées sont :

- Les moyens (方便, hoben, fangbian, upaya), septième perfection,
- Le voeu (, gan, yuan, pranidhana), huitième perfection,
- L’énergie (, riki, li, bala), neuvième perfection,
- La connaissance (, chi, zhi, jnana), dixième perfection.

dix pratiques (十行, jugyo, shixing) : troisième section de dix degrés parmi les cinquante-deux degrés. Il s’agit donc des degrés 21 à 30. Le terme pratique réfère au comportement des bodhisattva et aux actions qu’ils mettent en œuvre. Alors que les dix degrés de la foi et les dix stations témoignaient essentiellement de réalisations individuelles et intérieures, les dix pratiques marquent une nouvelle orientation vers autrui. Cette tendance devient plus marquée encore dans la section suivante, les dix transferts. En savoir plus : détail des dix pratiques.


dix stations (十住, juju, shizhu) : deuxième section de dix degrés parmi les cinquante-deux degrés. Il s’agit donc des degrés 11 à 20. Le terme station réfère à l’état de tranquillité où se tient l’esprit durant ces dix étapes. Alors que la première section des  cinquante-deux degrés correspond au début de la carrière de bodhisattva et aux efforts à accomplir pour affermir la foi, cette deuxième section traduit la stabilité acquise ; avec les deux sections ultérieures (les dix pratiques et les dix transferts), elle constitue une étape intermédiaire entre la prise de foi et les dix dispositions finales qui précèdent l’éveil d’indifférenciation (cf. tableau des cinquante-deux degrés). En savoir plus : détail des dix stations.

dix terres : voir dix dispositions.

dix transferts (十廻向, jueko, shihuixiang) : quatrième section de dix degrés parmi les cinquante-deux degrés. Il s’agit donc des degrés 31 à 40. On trouve également comme traduction dix déflexions. Le terme transfert indique l’attitude bienfaisante des bodhisattva qui transfèrent vers autrui les bienfaits obtenus. Zhiyi (538-597) scinde les deux composants du terme transfert (e, hui, : tourner, retourner, renvoyer, rendre et ko, xiang, : vers, en direction de) pour indiquer qu’il s’agit d’une réorientation de la cause vers l’effet, de ses propres œuvres et vertus vers le salut des êtres. Pour lui l’harmonie entre théorie et pratique permet d’accéder à la compréhension du monde des dharma par identification ; d’où la notion de transfert, réorientation d’une qualité et "transfert" de soi-même dans l’immédiateté reconnue et restaurée du monde. En savoir plus : détail des dix transferts.

diyong pusa  (bodhisattva surgis de la Terre, 地踊の菩薩, Jiyu no bosatsu)

diyu (enfer, 地獄, jigoku, niraya)

dizi (disciple, 弟子, deshi, sisya)


do (voie, , dao)

Doan : voir Daoan.

doctrine empruntée (迹門, shakumon, jimen) : shaku, ji () signifie étymologiquement "la trace", par exemple celle laissée par les pattes d'un animal sur la neige. Shakumon c'est la trace de la doctrine, la doctrine empruntée, laissée dans les quatorze chapitres qui constituent la première moitié du Sutra du lotus et qui vont du chapitre I, Prologue, au chapitre XIV, Pratique commode. Egalement traduit par "partie dérivée". En savoir plus : La doctrine empruntée.

doctrine originelle (本門, honmon, benmen) : littéralement, hon, ben () = origine ; mon, men () = portail que l'on doit franchir pour recevoir un enseignement. Doctrine enseignée dans les quatorze chapitres qui constituent la seconde moitié du Sutra du lotus et qui vont du chapitre XV, Surgis de la terre, au chapitre XXVIII, Exhortation du bodhisattva Sage Universel. Egalement traduit par "partie originelle". En savoir plus La doctrine originelle.


doctrines provisoires (, gon kyo, quan jiao) : selon l'école Tiantai, il s'agit des doctrines que le Bouddha a enseignées pour que la compréhension de son auditoire s'élève à un niveau qui lui permette d'accéder au véritable enseignement du bouddhisme.

Dogen 道元 (1200 – 1253) : moine japonais fondateur de la branche Soto du bouddhisme Zen. Issu d’une famille influente, il apprend en premier le Tendaï puis le Zen auprès de Eisaï 栄西 (1141 – 1215) le fondateur de la branche Rinzaï. Il part pour la Chine où il reste quatre ans et étudie la tradition chan du Caodong (Soto). Il écrit le Trésor de la vraie loi (Shobogenzo) et fonde dans la province d’Echizen le temple Eiheiji, manifestant de la sorte son désir d’éloignement des centres du pouvoir dont il se méfiait. Dogen se distingue du Rinzaï en développant une forme de bouddhisme Zen moins extrême. Il se détache des koan et met l’accent sur l’aspect progressif de l’éveil.

dojisoku (unicité de temps, 同時卽, tongshiji)

dokkaku (éveillé solitaire, , dujue, pratyeka buddha)

dokushin (corps putride, 毒身, dushen)

dokyo (taoïsme, 道 教, daojiao)

dokyodo (Terre de la résidence commune, 同 居土, tongjutu)

domaines [trois] (三世間, sanseken, sansijian)

doma chikuï (riz et chanvre, bambous et roseaux, 稻 麻竹葦, daoma zhuwei)

dompteur (調御丈夫, jogo jobu, tiaoyu zhangfu, purusa damyasarathi) : huitième parmi les dix épithètes qui qualifient un bouddha.

domugoku (度無極, duwuji)

don (布施, fuse, bushi, dana) : ou charité. Le don envers les ascètes ou les mendiants est une pratique ancienne de l’Inde. Le Bouddha lui-même était un religieux qui mendiait sa nourriture et les premiers bouddhistes ont été des moines mendiants (bhiksu) qui dépendaient pour leur subsistance des dons des laïcs. Le don est la première des six perfections, c'est dire l'importance qu'il revêt en tant que pratique bouddhique. Toutefois, en tant que perfection , le don est davantage perçu en regard de l’acte de celui qui donne et de ce dont témoigne cet acte en tant que reconnaissance. A ce sujet, on se reportera au très beau texte de Nichiren, La Réponse à la dame Onichi, qui figure bien cette qualité de l’acte que doit atteindre le don.

Don des Dieux [chapitre] (提婆達多品, Daïbadatta hon, Dipodaduo pin) : XIIe chapitre du Sutra du lotus. Ce chapitre comprend deux récits distincts :

- Tout d’abord, le Bouddha révèle que dans une existence antérieure, il a été un roi qui cherchait à apprendre les sutra du Grand Véhicule. Un ermite vient le trouver et lui dit qu’il peut lui enseigner le Sutra du lotus si le roi devient son serviteur et lui obéit. Celui-ci accepte et apprenant de lui la loi il devient un éveillé. Or cet ermite était Don des Dieux, le cousin ennemi de Shakyamuni qui lui a tant nui. Don des Dieux deviendra donc lui aussi un bouddha.
- Shakyamuni demande à un des bodhisattva qui accompagne Maints-Trésors (voir chapitre précédent, Vision du Précieux stupa) de rencontrer Manjushri qui revient de chez un roi dragon où il a converti un grand nombre de sujets. Il révèle que la fille de ce roi est âgée de huit ans, mais que grâce à l’enseignement du Lotus elle a réalisé l’éveil correct en un instant. Le bodhisattva est incrédule mais la fillette déclare que le Bouddha va prédire son éveil. Shariputra intervient, il ne croit pas que le corps de femme puisse réaliser l’éveil. La fille dragon offre alors une perle précieuse au Bouddha qui l’accepte. Elle dit que l’éveil peut se passer aussi simplement et rapidement que cela et devient un bouddha. Shariputra et l’assemblée acceptent en silence.
Ce chapitre montre l’accession à l’éveil d’êtres qui en sont généralement exclus, Don des Dieux, un opposant du Bouddha qui représente les êtres de l’enfer et la fille dragon qui est dotée d’une nature à la fois féminine et animale.

Don des Dieux (提婆達多, Daïbadatta, Dipodaduo, Devadatta) : cousin de Shakyamuni et frère d’Ananda. Dès son jeune âge, il hait Shakyamuni. Il en devient néanmoins le disciple pour le renier ensuite. Il tente même de tuer le Bouddha. Il chute vivant dans l’enfer. Nous pouvons apprécier la nocivité de ce personnage à l'aune de l'une des listes des cinq forfaits qui lui est consacrée. Le chapitre XII du Sutra du lotus porte son nom et éclaire la relation qui existe entre lui et Shakyamuni. Don des Dieux symbolise le fait que même les damnés de l’enfer peuvent accéder à l’éveil.

Don-Héroïque [bodhisattva] (勇施菩薩, Yuze bosatsu, Yongshi pusa) : bodhisattva qui apparaît dans le Sutra du lotus, notamment au chapitre XXVI. Le zèle infatigable avec lequel il apporte la loi bouddhique aux êtres lui a valu son nom. Il fait partie des cinq bonnes divinités successives (五番善神, Gobanzenjin, Wufanshanshen), terme sous lequel on regroupe ceux qui ont fait serment dans le chapitre des Formules détentrices (XXVI) du Lotus de protéger les croyants de ce sutra.

douze entrées (十二, juni nyu, shier ru, dvadasa ayatana) : on trouve très souvent aussi l’expression "douze places" (juni sho, shier chu) qui est un strict équivalent. Le terme chinois ru traduit le sanskrit ayatana : a-yat entrer et ana le lieu ou la chose. Ce composé désigne donc à la fois le seuil (le lieu où s’effectue l’entrée) et ce qui entre (les données entrantes). En ce sens, le terme français "entrée" est relativement pratique car il peut désigner tant le lieu que l'action d'entrer. L’Abhidharmakosa donne comme définition : "porte d’arrivée ou de naissance de la pensée et des mentaux". Étymologiquement, on nomme ayatana ce qui étend (tanvanti) l’arrivée (aya) de la pensée et des mentaux (Abidharmakosa de Vasubandhu - réf )

On distingue six entrées internes (六 內處, roku naisho, liu neichu) que l'on appelle les six racines (六 根, rokkon liugen) et six entrées externes (, roku gesho, liu waichu), les six lieux (六境, rokkyo, liujing) ou six environnements pour utiliser un terme plus actuel. Le tableau suivant décrit l'organisation du système.

Tableau des douze entrées



Six racines

six entrées internes

1 entrée de l'œil 1 entrée des couleurs


Six lieux

six entrées externes



2 entrée de l'ouïe 2 entrée des sons
3 entrée du nez  3 entrée des odeurs
4 entrée de la langue 4 entrée des goûts
5 entrée du corps 5 entrée des contacts

6 entrée du mental

6 entrée des dharma

 A chacune des entrées internes (ou racines) correspond une entée externe (ou lieu). La concordance entre chacune des racines et le lieu qui lui est relatif, par exemple entre la langue et les goûts, est à l'origine de l'ensemble des systèmes de la perception et de la connaissance. En savoir plus : Descriptif de chacune des douze entrées.

douze liens causaux (十二因緣, juni innen, shier yinyuan, dvadasa pratitya samutpada) : l'un des principes fondamentaux du bouddhisme originel. Ces douze causes et conditions nous maintiennent dans le cycle des existences successives (voir vies et morts). Chacune de ces causes génère la suivante selon un processus implacable. Dans le texte Le principe d'Une pensée trois mille, Nichiren en expose le mécanisme, en se fondant sur l'Abhidharma Kosa sastra de Vasubandhu, puis montre comment échapper au cycle qu'elles constituent, par l'extinction à l'origine. Pour un exposé plus détaillé sur les douze liens causaux, on se reportera au script du cours qui leur a été consacré.

douzheng jiangu (luttes et disputes acharnées, 闘諍堅固, tojo kengo)

Dozen 道善 ( ? – 1276) : religieux japonais, il apparaît dans les écrits de Nichiren sous l’appellation de moine Dozen (道善房, Dozenbo). Supérieur du monastère Kiyozumi où Nichiren effectua son noviciat (cf. Nichiren biographie). Lorsque Nichiren fonde son école en 1253, Dozen ne peut résister à l’antagonisme de l’intendant domanial Tojo Kagenobu ; il aurait demandé à Nichiren de quitter son monastère. On suppose toutefois que Dozen était assez proche des conceptions développées par son disciple même s’il n’a pas eu la volonté d’y adhérer formellement, ce qui aurait pu représenter quelque danger pour lui. Nichiren garde toute sa vie du respect pour le vieux maître et à la mort de celui-ci en 1276, il rédige le Traité de la Reconnaissance (Hoön sho) et envoie son disciple Niko le lire devant la tombe de Dozen.

dragon (龍, ryu, long, naga) : l'une des huit sortes d'êtres fantastiques. Le naga de la mythologie indienne est plutôt une sorte de serpent, de cobra, parfois avec des caractéristiques  antropomorphiques voire avec une tête d'homme. En passant en Chine, cet animal a intégré des aspects du dragon chinois dont l'origine remonte aux temps immémoriaux des origines de la culture chinoise. En savoir plus : symbolique chinoise du dragon et illustrations.

dragon unipode (, kui) : voir symbolique chinoise du dragon.

dualité de l'apparence (背面相翻, haimensohon, beimianxiangfan) : voirApproches de la notion d'identité.

dudao (passer la voie, 度道, tokudo)

duigaozhong (allocutaire, 對告衆, taigoshu)

dujue (éveillé solitaire, , dokkaku, pratyeka buddha)

dukhah sarva samskarah (tous les mouvements sont souffrance, 一切行苦, issaï gyo ku, yiqie xing ku)

Duobao (Maints-Trésors, 多寶, Taho, Prabhutaratna)

Duowen tianwang (roi céleste Grande-Ecoute, 多聞天, Tamon tenno, Vasraivana)

duramgama (parcours lointains, 遠行地, ongyoji, yuanxingdi)

Durée de la vie [chapitre] : voir Longévité de l'Ainsi-venu.

durgati ( mauvaises voies, 惡道, akudo, wudao)

dushen (corps putride, 毒身, dokushin )

Dushuo (Tusita, 兜率天, Tosotsu)

duwuji (度無極, domugoku) : une des premières traductions en chinois du terme sanscrit paramita, voir six perfections.

dvadasa ayatana (douze entrées, 十二, juni nyu, shier ru)

dvadasa pratitya samutpada (douze liens causaux, 十二因緣, shier yinyuan, juni innen)

dynasties [trois] (三朝, sancho, sanzhao)

Retour à la page d'accueil