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panca anantarya karman (cinq actes sans rémission, 無間業, go mukengo, wu wujianyue)

panca kachaya (cinq troubles五濁, gojoku, wuzhuo)

panca kama-gunah (cinq désirs, 五欲, goyoku, wuyu)

panca skandha (cinq éléments, 五蘊, goün, wuyin)

panruo (prajna, 般若, hannya)

Panruojing (sutra de la prajna, 般若經, Hannyakyo, Prajnaparamita sutra)

Panruopolomituo xin jing (Sutra du cœur de la perfection de la prajna, 般若波羅蜜多心經, Hannyaharamitta shin gyo, Prajnaparamita Hrdaya)

panruo shi (période de la Perfection de la prajna, 般若, hannya ji, prajna paramita)

papiyas (démon céleste malfaisant, 天魔波旬, tenma hajun, tianma boxun)

Parabole (譬喩品, Hiyu hon, Piyu pi) : IIIe chapitre du Sutra du lotus. Shariputra entendant la prédiction du Bouddha exulte de joie. Le Bouddha affine sa prédiction concernant Shariputra qui deviendra lui-même bouddha dans le futur sous le nom de l’Ainsi Venu Eclat-Fleuri (Tathagata Padmaprabha). L’assemblée se réjouit et Shariputra demande au Bouddha de préciser les enseignements qu’il a délivrés dans le chapitre précédent afin que nul doute ne subsiste dans l’esprit des disciples. Le Bouddha accepte et décide d’illustrer son propos à l’aide d’une parabole. Dans une vaste demeure qui n’a qu’une seule porte une foule de gens demeure. Mais la maison est dans un état de délabrement avancé et un incendie se déclare. Or les nombreux enfants en bas âge du maître de céans jouent à l’intérieur de la maison en feu. Il veut sortir ses enfants du brasier mais eux, tout à leurs jeux, ne le remarquent pas. Le père, sachant le caractère capricieux de ses enfants, décide d’user d’un stratagème. Il leur annonce que trois chars, chacun tiré par un animal différent, les attendent devant la maison. Les enfants se précipitent au dehors pour voir ces merveilles et échappent aux flammes. Bien sûr, ils ne trouvent pas les chars et leur père, fort riche, leur octroie sur-le-champ un char plus magnifique encore. Le Bouddha est comparable au père, la maison en feu, ce sont les trois mondes, l’astuce que le père utilise pour faire sortir les enfants c’est l’enseignement des trois véhicules et le char amené finalement représente le véhicule unique du Bouddha. La longue partie versifiée qui termine ce chapitre reprend ce qui a été exposé avec des différences sensibles toutefois. La maison y prend un aspect terrifiant et est le théâtre de toutes sortes d’horreurs. Le Bouddha revient encore une fois sur la notion de véhicule unique montrant que les stades auxquels sont parvenus ceux qui ont suivi ses enseignements antérieurs ne sont pas la véritable libération. L’une des raisons pour laquelle il n’a pas révélé jusqu’alors le Sutra du lotus tient à ce qu’il voulait éviter que de trop nombreuses personnes, encore incapables d‘en appréhender les doctrines, ne le calomnient et s’attirent ainsi de graves rétributions. Il conseille au futur Bouddha que sera Shariputra d’agir de même et de n’enseigner cette loi qu’à ceux qui semblent pourvus de dispositions favorables. Cette longue partie de plus de six cents vers réguliers de quatre pieds chacun est admirable et, avec d’autres passages du Lotus, elle a probablement contribué à la renommée de ce sutra.

Parabole de la ville fantasmagorique (化城喩品, Kejo yu hon, Huacheng yu pin) VIIe chapitre du Sutra du lotus. Le Bouddha parle d’un éveillé des temps anciens. Il s’appelait Grands-Pouvoirs de Sagesse-Victorieuse (Daïtsuchisho, Datongzhisheng). Avant qu’il ne quitte le siècle, cet éveillé était un roi et avait eu seize fils. Lorsqu’ils apprennent que leur père est devenu un bouddha les seize princes partent le rejoindre et lui demandent d’enseigner. Suit une relation des prodiges qui s’accomplissent lorsque Grands-Pouvoirs de Sagesse-Victorieuse réalise l’éveil. Des divinités demandent également à ce Bouddha de révéler la doctrine. Il accède à leur demande et révèle les douze liens causaux puis l’extinction à l’origine. Du coup, les seize princes quittent leur famille pour devenir disciples. A eux, comme aux quatre congrégations, Grands-Pouvoirs de Sagesse-Victorieuse enseigne le Sutra du lotus. Après l’avoir enseigné longtemps à de très nombreux êtres, ce bouddha entre en concentration. Les seize princes qui sont maintenant des bodhisattva poursuivent l’enseignement du Lotus. Cette action n’a pas pris fin et Shakyamuni révèle qu’il est lui-même l’un d’entre-eux. Il revient sur l’un des thèmes centraux de la première moitié du Lotus : il n’y a pas trois ou deux véhicules pour gagner l’extinction mais un seul. L’enseignement de la notion des trois véhicules n’était qu’un moyen habile destiné à faire évoluer ceux à qui il était destiné. Le bouddha use d’une parabole pour illustrer son propos. Un guide doit conduire des personnes jusqu’à un trésor. La route est longue et déserte. Le groupe s’épuise et le guide comprend qu’il ne pourra les mener jusqu’à l’endroit voulu. Il possède des pouvoirs divins qui lui permettent de faire apparaître une cité illusoire. Les marcheurs peuvent se reposer et reprendre des forces. Le guide fait alors disparaître la ville fantasmagorique et le groupe gagne le lieu du trésor. Le Bouddha est le guide, la route solitaire, la longue suite des vies et morts, la ville apparitionelle les moyens et les marcheurs, les êtres. Illustration  : grotte de Dunhuang.

Parabole des simples (藥草喩品, Yakuso yu hon, Yaocao yu pin) Ve chapitre du Sutra du lotus. Simples dans le sens d’herbes médicinales. Le Bouddha s’adresse à Kashyapa pour souligner la justesse de la parabole exposée. Le Bouddha apparaît en ce monde pour exposer la loi. Sa connaissance du mental des êtres lui permet de l’enseigner à chacun de façon appropriée. Suivant les dispositions personnelles chacun en retire ce qui lui est substentifique. De même qu’une grande nuée, lorsqu’elle se déverse en pluie abondante, nourrit toutes les plantes, qu’il s’agisse de grands arbres ou de simples herbes et ce, quelles que soient les spécificités de ces végétaux. La loi bouddhique est pareille à cette vaste nuée et les êtres avec leurs différences intrinsèques, aux multiples sortes de plantes. Comme l’averse, l’enseignement se répand également et le Bouddha considère les êtres sans attachement, sans aversion et sans limite. Toujours il expose la loi, "Je fais pleuvoir la pluie de la loi". Et chacun recevant ce qui lui est nécessaire peut croître à sa manière. Amenant le chapitre suivant, le Bouddha déclare aux auditeurs qu’ils ne sont nullement entrés en extinction (滅度, metsudo, mieduo), qu’ils pratiquent en fait la voie de bodhisattva (bosatsudo, pusadao) et que, s’ils s’y efforcent, ils deviendront des bouddha. A propos de la manière d’enseigner le bouddhisme, il y a dans ce chapitre une réflexion très intéressante sur la dynamique qui unit l’individuel et le général.

paramanu (particules, 微塵, mijin, weichen) : voir le cours sur les trois domaines, paragraphe relatif au premier des cinq éléments et éons dits des cinq cents grains de poussière.


paramita ( perfections ou perfectionnements, 波羅蜜多, haramitta, polomituo) : voir six perfections.
 

Parc aux cerfs (ou Parc aux daims, Parc aux gazelles, 鹿苑, Rokuon, Luyuan, Mrigadava) : parc à Sarnath, lieu où le Bouddha est censé avoir donné son premier enseignement aux cinq bhikhu.

parcours lointains (遠行地, ongyoji, yuanxingdi, duramgama)

parfaite ainsité (如如, nyonyo, ruru, tathata) : il s'agit de l'ainsité absolue qui révèle l'aspect réel des dharma (voir principe d'ainsité et triple vérité).

parfaite coïncidence de la substance (當體全是, totaizenze, dangtiquanshi) : voirApproches de la notion d'identité.

Par la foi posséder l'accès (以信得入, ishintokunyu, yixinderu) : cette expression provient d'un vers de la longue partie finale du chapitre III du Lotus [ref : p 120 J.-N. Robert, p 240 Myohorengekyo]. Le Bouddha s'adressant à Shariputra lui fait remarquer que ce n'est pas grâce à sa remarquable sagesse qu'il peut accéder au sens du Sutra du lotus mais uniquement par la foi qu'il place dans les paroles du Bouddha. Ainsi ce vers "C'est par la foi que tu as possédé l'accès" représente une sorte de concept qui fait de la foi la cause efficiente de la sagesse.

paroles véritables (眞言, shingon, shenyuan) : plusieurs sens distincts.
1. Le sens d’origine, il s’agit de la traduction chinoise du sanskrit mantra. Les mantra qui appartiennent au bouddhisme tantrique sont des formules incantatoires secrètes dont le sens est souvent peu clair de prime abord. Sous le nom de mystère des mots, ils sont associés dans le triple mystère, au mystère du corps, shinmitsu, shenmi, ,(posture des mains, du corps) et au mystère du mental, imitsu, yimi, 意密, (représentation mentale de bouddha ou bodhisattva). Certains font un distinguo vis-à-vis des dharani (formules détentrices) en ce sens où les mantra sont généralement plus brefs, on trouve d’ailleurs la formule mantra dharani (眞言陀羅尼, shingon darani, shenyuan tuoluoni).
2. Le sens littéral, paroles effectivement prononcées, paroles authentiques.

3. Abréviation du nom de l’École des Paroles Véritables, Shingonshu, Shenyuanzhong,
眞言宗, également appelée École du Mystère (密宗, Mi zhong).

particules (微塵, mijin, weichen, paramanu) : voir éons dits des cinq cents grains de poussière et le cours sur les trois domaines, paragraphe relatif au premier des cinq éléments.

part originelle (本分, honbun, benfen) : nature de bouddha inhérente à toute existence.

pascimadharma (fin de la loi, , mappo, mofa)

Passation (囑累品, Zokuruï hon, Zhulei pin) XXIIe chapitre du Sutra du lotus. Chapitre le plus court de ce sutra. Le Bouddha remet aux bodhisattva la loi de l’éveil complet et parfait sans supérieur, leur enjoignant de la divulguer largement. Ils promettent d’honorer la confiance du Bouddha et celui-ci renvoie à leur terre d’origine les éveillés venus assister à l’exposé du Lotus. Le stupa précieux de Maints-Trésors retourne également à son état précédent.


passation des corbeilles de la loi (付法藏, fuhozo, fufazang) : ici les corbeilles représentent la totalité de l’enseignement d’un bouddha (cf. trois corbeilles). Deux sens assez proches :
- 1°) Instruction que donne un bouddha à des disciples choisis, de la totalité de sa doctrine, pour qu’eux mêmes puissent l’enseigner aux générations futures.
- 2°) D’après les listes recensées par la tradition bouddhique vingt-quatre successeurs de Shakyamuni. Dans ce cas, dans les écrits de Nichiren on trouve l’expression "ceux qui reçurent la passation des corbeilles de la loi", littéralement les hommes de la passation des corbeilles de la loi (fuhozo no hitobito). Pour un détail de cette liste probablement faite après coup cf. les vingt-quatre hommes de la passation des corbeilles de la loi.

passer la voie (tokudo, duodao) : définition en cours de rédaction.

passions (煩惱, bonno, fannao, klesa) : également traduit par tourments, troubles. En sanskrit, vient de la racine klis : souffrir, ce qui fait souffrir. En français pareillement "passion" dérive du latin patior, souffrir, l'étymologie est similaire à pâtir. En chinois, nous avons un composé formé de fan (trouble) et nao (irritation). Nous sommes dans l'optique des quatre vérités et plus précisément des deux premières d'entre elles : ce qui cause la souffrance c'est l'émergence des désirs qui entraînent l'incapacité d'une pensée lucide et cohérente. Pareillement, ce qui déclenche l'enchaînement des douze liens causaux, est le premier d'entre eux, l'ignorance fondamentale et origine de toutes les passions. Selon les écoles bouddhiques le traitement des passion est différent. Dans le bouddhisme du Petit Véhicule, le but est d'arriver à l'extinction des passions par annihilation afin de parvenir à un éveil pur, "sans reste". La pensée du Grand Véhicule ne se départit pas aussi simplement des passions. Elle remarque en elles la force primordiale des désirs qui sont l'aliment de l'action humaine et elle entend l'utiliser pour l'accomplissement de la voie bouddhique. Voir les passions s'identifient à l'éveil et Roi de Lumières Amour.

passions s’identifient à l’éveil [les] (煩惱即菩提, bonno soku bodaï, fannao ji puti) : principe fondamental de certains courants du bouddhisme du Grand Véhicule et notamment des écoles qui se rattachent au Lotus. Du point de vue des écoles anciennes du Petit Véhicule, cette notion peut sembler pour le moins paradoxale, en ce sens où l'idéal recherché est l'état d'arhat qui se traduit par l'annihilation des passions. Pourtant, dans l'optique du Grand Véhicule les passions et l'éveil ne sont opposés que du point de vue du simple mortel. Une appréhension plus profonde révèle que les passions et l'éveil sont les deux aspects d'un même phénomène. "Les passions s'identifient à l'éveil" indique donc une caractéristique du processus de l'éveil, c'est-à-dire l'instant où l'immense énergie contenue dans les désirs devient l'éveil. Le Sutra de Vimalakirti cité par Nichiren notamment dans le traité En une vie devenir le Bouddha dit : "Quand la libération des bouddha est recherchée dans les actes mentaux des êtres, les êtres s'identifient à l'éveil et les vies et morts au nirvana" indiquant de la sorte l'exercice de l'attention et de l'observation dans cet usage des passions. Le terme "s'identifier" (, soku, ji) mérite un examen sérieux ; à ce sujet on se reportera à l'article concernant les six identités. D'autres expressions similaires se réfèrent à une conception du même ordre, par exemple les passions s'identifient à la prajna (煩惱即般若, bonno soku hannya, fannao ji panruo), l'ignorance originelle s'identifie à la nature de la loi (無明即法性, mumyo soku hosseï, wuming ji fasheng), les vies et morts s'identifient au nirvana (生死即涅槃, shoji soku nehan, shengsi ji niepan) ou les liens karmiques s'identifient à la libération (結業解 脱, ketsugo soku gedatsu, jieyue ji jietuo).

patience (忍辱, ninniku, renru, ksanti)

Pays Hu (胡國, Huguo , Kogoku) : pour les Chinois, depuis l’antiquité, cette expression désignait les royaumes barbares du nord dont les invasions répétées ont été une constante historique.

 
pensée [Une] (一念, ichinen, yinian)

Pensée-Magnanime (無諍念, Mujonen, Wuzhengnian) : selon le Sutra de la fleur de miséricorde, incarnation d’Amita, du temps où il pratiquait la voie de bodhisattva. Roi du pays de Santirna, il avait mille fils mais seul son grand chambellan put sauver le royaume qui était devenu un repaire de criminels. Ce chambellan était une incarnation de celui qui deviendra le bouddha Shakyamuni.

perceptions [trois] (sanju, sanshou)

pérennité-bonheur-ego-pureté (常樂我淨, jo raku ga jo, chang yue wo jing). Cette expression présente deux sens radicalement différents. A l'origine, il s'agit de la quadruple erreur que commet l'homme ordinaire : il prend pour éternel ce qui est impermanent, pour du bonheur ce qui n'est que douleur, pour des êtres spécifiques ce qui est dépourvu de nature propre et pour pur ce qui ne l'est pas.
Il s'agit également des quatre vertus du nirvana : il est immuable (pérennité), il est au-delà des deux douleurs - la première, maladie et angoisse, la seconde, celle qui est causée par autrui, (bonheur), il est pleinement indépendant (ego) et il a épuisé les trois sortes d'égarement (pureté).
Ces deux définitions divergentes se rejoignent dans l'identité du samsara et du nirvana. Cf. commentaire Réponse au moine Abutsu à propos des quatre sceaux de la loi.

perfections [cinq] (ou cinq perfectionnements, 五波羅蜜, go haramitsu, wupolomi, paramita)

perfections [six] (ou six perfectionnements, 六波羅蜜, roku haramitsu, liupolomi, paramita)

périodes [cinq] (五時, goji, wushi)

période du déclin de la loi (, fin de la loi, mappo, mofa)

période du Parc aux cerfs (鹿苑時, rokuonji, lu yuan shi)

perspicacité (善慧地, zenneji, shanhuidi, sadhumati)

persuasion coercitive (, shakubuku, zhefu) : shaku, zhe () plier, soumettre et buku, fu () assujettir, soumettre. Manière forte de propager le bouddhisme et qui consiste à réfuter strictement les vues d’autrui dès lors qu’elles paraissent fallacieuses et à engager une discussion serrée voire âpre. Dans cette attitude antagoniste on ne craint pas d’entrer en opposition. Nichiren prône ce comportement dans l’époque actuelle de la fin de la loi et tout particulièrement dans les pays où le bouddhisme a déjà été propagé et a dégénéré. On ne doit toutefois pas oublier que le fondement de ce comportement est la compassion envers autrui et la compréhension du malheur qu’apportent l’ignorance et les vues partielles. Voir : captation accommodante (shoju, sheshou).

Petit Véhicule (小乘, Shojo, Xiaosheng, Hinayana) : terme péjoratif donné au bouddhisme des anciennes écoles par les tenants du Mahayana ou Grand Véhicule. L'appellation Hinayana est en effet loin d'être neutre, hina (हीन) signifiant médiocre, obsolète, délaissé. Petit Véhicule est la traduction littérale du terme chinois Xiaosheng (小乘). Lorsque le bouddhisme a commencé de pénétrer l'aire culturelle chinoise, les Petit et Grand Véhicules sont arrivés à peu près simultanément et il était donc difficile de qualifier l'un de ces deux courants d'obsolète.
Les adeptes du Petit Véhicule se désignent comme theravadin, Theravada signifiant "Doctrine ou Opinions des Anciens" qui était le nom de l'une des plus ancienne école du bouddhisme, d'autant que les autres écoles du Petit Véhicule sont pratiquement éteintes (thera, l'ancien était une appellation qui désignait les moines âgés et respectables, vada : le discours) . Cette forme de bouddhisme se fonde sur les anciennes Ecritures en pali. Le Petit Véhicule est présent au Sri Lanka, en Birmanie, en Thaïlande, au Cambodge et au Laos.

phases [trois] (, sanze, sanshi)

Phrases et mots de la Fleur de la loi : voir Mots et phrases de la Fleur de la loi (法華文句, Hokke mongu, Fahua wenju).

Pic Sacré : voir mont Sacré du Vautour (靈 鷲山, Ryojusen, Lingjiushan, Grdhrakuta).

pilier (棟梁, tōryo) : mot composé de  (棟), le faîte, et de ryō (梁), la poutre. Désigne deux pièces essentielles de la charpente d’une maison. Par extension désigne celui autour duquel un clan, une famille se regroupe. Dans le bouddhisme il s’agit de celui qui peut protéger et répandre le dharma.

Pinposhelo wang (Bimbisara [roi], 頻婆, Binbashara O)

pitaka (corbeille, , zo, zang) : voir tripitaka (trois corbeilles).

Piyu pi (Parabole, 譬喩品, Hiyu hon) : chapitre III du Sutra du lotus.

Plénitude (富樓那, Furuna, Fulouna, Purna) : de son nom complet Purnamaitrayaniputra. Disciple du Bouddha, l’un des dix grands disciples, réputé être le meilleur pour enseigner la loi bouddhique. Riche marchand du port de Surparaka (actuellement Sopara, au nord de Bombay), il rencontre le Bouddha à Sravasti où il a mené une caravane. Il se convertit et prend l’habit religieux. De retour dans sa ville, son éloquence gagne de nombreux adeptes à la nouvelle école. Il opte toutefois pour une vie retirée, trop souvent troublée à son goût. Il est présent à l’assemblée du Lotus, au mont du Vautour, et intervient dans le VIIIe chapitre du Sutra du lotus où le Bouddha fait son éloge et lui confère l’annonciation de l’éveil. Plénitude est particulièrement représentatif de ces disciples du Bouddha qui appartenaient au milieu des grands marchands et qui ont répandu le bouddhisme dans cette classe qui par la multiplicité des échanges, à la fois par voies terrestres et maritimes, a largement contribué à sa diffusion jusque dans des contrées reculées.

poisons [trois] (三毒, sandoku, sandu)

pollueurs de la voie (汚道沙門, odoshamon, wudaoshamen) :  l'une des quatre sortes de religieux, la pire selon  le Traité des dispositions du maître de yoga (瑜伽師地論, Yugashijiron, Yujiashidilun, Yogacaryabhumisastra).

Porte universelle du bodhisattva Contemplateur des Sons du Monde [chapitre] (觀世音菩薩普門品, Kanzeon bosatsu fumon hon, Guanshiyin pusa pumen pin) : XXVe chapitre du Sutra du lotus. Le bodhisattva Intention-Inépuisable demande au Bouddha les raisons du nom que porte le bodhisattva Contemplateur des Sons. Il lui est répondu que celui-ci est toujours à l’écoute de ceux qui demandent son aide ou l’implorent. Même dans des situations extrêmes, naufrage, attaque, tourment, incarcération, il secourt ceux qui l’invoquent. Il débarrasse les luxurieux de leurs désirs, les violents de leur colère et les imbéciles de leur stupidité. Il exauce les vœux de celles qui veulent avoir des enfants. Intention-Inépuisable demande alors comment se manifeste ce bodhisattva dans notre monde. Il sauve les êtres en prenant l’apparence nécessaire à cette fin. Il peut donc se présenter sous l’apparence (le texte précise le corps) d’un éveillé, d’un auditeur, d’un roi, d’un moine, d’une nonne, d’un homme, d’une femme ou même d’êtres non-humains, asura ou autres. Intention-Inépuisable fait alors offrande de son collier au bodhisattva. Dans un premier temps celui-ci refuse puis il accepte. Il en donne une moitié à Shakyamuni et l’autre au stupa de Maints-Trésors. Dans ce chapitre nous avons toutes les raisons qui assureront au bodhisattva Contemplateurs des Sons la ferveur religieuse populaire inégalée dont jouit son culte : secours dans les moments périlleux, fécondité et aussi cette capacité de se transformer et de revêtir différents corps. La statuaire bouddhique et les légendes le représentent le plus souvent sous les traits d’une femme douce et belle et il comble ainsi un manque du panthéon bouddhique qui comporte peu de personnages féminins (à part des ogresses ou une fille dragon). Cf. bodhisattva Contemplateur des Sons du Monde.

Posha (婆沙, Bhasa, Basha)

posséder la voie (得道, tokudo, dedao) : voir obtention de la voie.

Possession-Victorieuse (得勝, Tokusho, Desheng). Egalement appelé l’enfant Possession-Victorieuse ou, cela se prononce pareil en japonais ou en chinois mais le premier caractère de son nom change, enfant Vertu-Victorieuse (徳勝). A l’époque où le bouddha Shakyamuni mendiait sa nourriture dans la cité de Maison le Roi (Rajagrha), un enfant qui n’avait rien à lui offrir confectionna un gâteau avec du sable et en fit offrande au Bouddha. La vertu de cette offrande permit à cet enfant de renaître dans une famille royale sous le nom d’Ashoka.

Potalaka [mont] : selon le Sutra de la guirlande de fleurs demeure du bodhisattva Contemplateur des Sons du Monde. Xuanzang (602 – 664), lors de son pèlerinage en Inde, s’en serait approché et situe cette région près du mont Malaya. Le Potalaka serait très difficile d’accès et la résidence du bodhisattva, au sommet, serait baignée par un lac.

pourvu de sciences et de pratiques (明行足, myogyosoku, mingxingzu, vidyacarana sampanna) : l'un des dix épithètes qualifiant le Bouddha.

Pouvoirs miraculeux de l’Ainsi-venu [chapitre] (如來神力品, Nyoraï jinriki hon, Rulai shenli pin) : XXIe chapitre du Sutra du lotus. Chapitre assez bref où nous voyons la multitude des bodhisattva surgis de la terre recevoir du Bouddha la mission d’enseigner le Lotus dans le futur. Shakyamuni exprime les pouvoirs surnaturels des éveillés dont le but est, dit-il, que l’on puisse garder cet enseignement et assurer sa passation. Ceux qui pourront agir de la sorte verront le bouddha Maints-Trésors et d'autres éveillés, sauront commenter le Lotus avec ardeur et dissiperont les doutes.

prabhakari (rayonnement de la lumière, 發光地, hakkoji, faguangdi)

Prabhutaratna (Maints-Trésors, 多寶, Taho, Duobao)


prajna (般若, hannya, panruo, prajna) : pour ce terme, selon les traductions on trouve entre autres, intelligence, sapience, sagesse ou discernement, la notion de lucidité me semble également intéressante. La multiplicité des traductions montre bien la difficulté de trouver dans notre langue un équivalent. Les Chinois ont été confrontés au même problème. On trouve donc le terme zhihui (智慧, chië en japonais), assez pratique car il associe à la sagesse l’idée d’intuition ou de perspicacité, de pénétration. Le plus souvent pourtant ils ont préféré user de la translittération panruo (on peut prononcer bore aussi) qui est dépourvue de sens mais reproduit le mot étranger. J’ai fait le même choix.
La prajna désigne donc cette sagesse bouddhique, fruit des pratiques et des perfections, qui résout les troubles et les égarements en donnant une connaissance profonde des phénomènes. Cette sagesse permet le discernement lucide. La développer constitue une pratique (cf. six perfections) qui comprend l’écoute de l’enseignement, la réflexion intérieure sur l’enseignement et enfin l’appréhension directe des choses. La prajna est l’une des trois vertus des bouddha (les deux autres étant le corps de dharma et la libération) et l’une des pratiques des bodhisattva (cf. six perfections) qui mènent à l’éveil.
La prajna désigne également la quatrième des cinq périodes de l’enseignement du Bouddha dans le système de classification du maître chinois Zhiyi (538-597). Dans ce cas-là, on emploie plutôt l’expression période de la prajna ou période de la perfection de la prajna. D’une façon similaire et selon les classements, l’expression renvoie à plusieurs sutra du Grand Véhicule qui comprennent dans leur titre les mots prajna ou perfection de la prajna et qui étayent le courant de pensée du nagarjunisme. Rappelons que l’un des principaux traités de Nagarjuna s’intitule le Maha prajna paramita sastra (大智度論, Daïchidoron, Dazhidulun) et a été traduit en français par E. Lamotte sous le titre de Traité de la grande vertu de sagesse. (réf.) [Voir la traduction d'Etienne Lamotte Le traité de la grande vertu de sagesse, Institut orientaliste, Louvain 1944-1980]

prajna paramita (période de la Perfection de la prajna, 般若, hannya ji, panruo shi)

Prajnaparamita Hrdaya (Sutra du cœur de la perfection de la prajna, 般若波羅蜜多心經, Hannyaharamitta shin gyo, Panruopolomituo xin jing)

Prajnaparamita sutra (sutra de la prajna, 般若經, Hannyakyo, Panruojing)

pramudita (joie, 歡喜地, kangiji, huanxidi)


Pratique commode (安樂行, Anrakugyo hon, Anyuexing pin) : XIVe chapitre du Sutra du lotus. On peut traduire aussi Pratique paisible et heureuse. A la demande de Manjushri, le Bouddha expose comment devra se comporter celui qui enseignera le Lotus dans le futur. Se tenant à l’écart des puissants ou des mauvaises fréquentations, il s’adressera à ceux qui sont désireux de savoir. Pour les autres, sous certaines conditions, il peut dire la loi mais, sans illusion. De même, il s’en tiendra à une pratique commode, ne dénonçant pas les opinions hétérodoxes ni les erreurs. Avec subtilité et d’une façon agréable, il essaiera d’amener les autres à son point de vue ; sans duplicité ni flagornerie toutefois. Celui qui lira le Lotus sera délivré des angoisses et maladies, les armes ne pourront lui nuire et de nombreux êtres le protègeront.
Les contradictions sont nombreuses avec le chapitre précédent Exhortation à la sauvegarde qui dépeint le monde mauvais où, après la disparition du Bouddha, il sera dangereux de propager la loi. On considère généralement que ce chapitre, le dernier chapitre de la partie de la doctrine empruntée, est destiné aux bodhisattva de cette doctrine. Toutefois, il arrive que Nichiren en cite des passages pour réconforter des disciples persécutés (cf. la citation du Lotus qui figure dans Le Cachot dans la terre est extraite de ce chapitre).

pratique personnelle et adaptation à autrui (自行化他, jigyo keta, zixing huata) : ce terme peut revêtir deux significations très différentes :
Le sens le plus courant, dans le bouddhisme du Grand Véhicule est assez proche de celui d’un autre terme : le perfectionnement personnel et celui d’autrui (自利他利, jiri tari, zili tali). On se situe sur le plan de la pratique religieuse. La pratique personnelle représente alors l’ensemble des prières et austérités accomplies par le croyant, et l’adaptation à autrui, la volonté de faire profiter les autres des résultats obtenus ou de tenter de les convertir. Il s’agit là de deux aspects complémentaires de la pratique du Grand Véhicule.
Nichiren, notamment dans son traité L’Infirmation et la confirmation que les bouddha des trois phases jugent bon d’effectuer au sein du corps des enseignements (三世諸佛総勘文教相廢立, Sanze sho butsu sokanmon kyoso hairyu) use de cette expression dans un sens tout différent. Nous examinerons dans "En savoir plus" les autres endroits de son œuvre où elle apparaît.
Dans ce traité au titre magistral, pratique personnelle et adaptation à autrui renvoie à une distinction dans les enseignements du Bouddha. La pratique personnelle signifie alors la doctrine bouddhique telle que la voit l’éveillé et telle qu’il peut la manifester et ce, indépendamment des capacités de son auditoire. Le sens est très proche d’un autre terme : "selon son propre esprit" (随自意, zuijiï, suiziyi). Il désigne alors le pur enseignement du Bouddha, sans même que celui-ci ne tente de le rendre plus accessible à ses auditeurs par différents moyens et donc d’en altérer quelque peu l’essence. A l’opposé, l’adaptation à autrui se rapporte au même domaine conceptuel que "selon l’esprit d’autrui" (随他意, zuitaï, suitayi) et désigne un enseignement plus facile à appréhender mais aussi un peu affadi. Jusqu’à plus ample informé, il semble que cette acception de la pratique personnelle et l’adaptation à autrui soit propre à Nichiren. En savoir plus : Pratique personnelle et adaptation à autrui dans les écrits de Nichiren.

Pratique-Supérieure [bodhissatva] (上行, Jogyo, Shanxing, Visistacaritra) : traduit également par "Conduite Supérieure". Guide des bodhisattva qui apparaissent dans le XVe chapitre du Sutra du lotus : Surgis de la terre. Dans ce chapitre les bodhisattva qui assistent au prêche du Bouddha lui annoncent leur volonté de répandre les enseignements du Lotus après sa mort. Le Bouddha les en dissuade en leur apprenant que ce monde contient déjà intrinsèquement des bodhisattva qui seront capables de sauvegarder et de prêcher le Sutra du lotus. Effectivement, la terre tremble alors et à la stupéfaction de l'assemblée, une multitude de bodhisattva admirables qui auront pour tâche de propager le Lotus après la disparition du Bouddha surgit de son sein. Ces bodhisattva sont conduits par Pratique-Supérieure, puis suivent Pratique-Infinie, Pratique-Pure et enfin Pratique-Pacificatrice.

pratiques [dix] (十行, jugyo, shixing)

pratiques merveilleuses [cinq] (種妙行, gojumyogyo, wuzhongmiaoxing)

pratirupakadharma (loi de ressemblance, 像法, zoho, xiang fa)

pratiya-samutpada (production conditionnée, engi, yuanqi)

pratyeka buddha (éveillé pour soi, 辟支佛, hyakushibutsu, bizhifo)

pravrajita (religieux, 出家, shukke, chujia)

Préceptes : voir Ecole des Préceptes (Ritsu shu).

précepteur (和尚, kasho, heshang, upadhyaya) : en japonais on peut également prononcer osho ou washo ; ce terme étant une appellation des moines de haut rang, au Japon, selon les sectes on prononce différemment : dans le Tendai on dit kasho, osho chez les zenistes et washo pour les courants Préceptes et Paroles Véritables. A l'origine le terme upadhyaya désigne un maître spirituel (upadhi : lire, apprendre). Dans le bouddhisme monacal ancien celui qui est chargé d'inculquer l'éthique et les préceptes au disciple. Cf. acarya.

Précieux stupa [chapitre] (見寶塔品, Ken hoto bon, Jian baota pin) : voir Vision du précieux stupa.

prendre refuge (, kie, guiyi, sarana) : expression couramment employée pour exprimer la volonté d'adhérer au bouddhisme. Cette adhésion se traduit par  le fait de prendre refuge  dans les trois  trésors :  le  Bouddha, la loi et  la communauté. Il s'agit donc d'une triple prise de refuge. Le terme sanscrit sarana a été traduit en chinois guiyi (, kie en japonais). Le premier caractère signifie revenir et le second s'appuyer, se fonder. Nous avons donc deux notions à la fois : d'une part revenir à un lieu dont on s'était éloigné, un peu comme un bateau qui revient à son port d'attache et d'autre part, prendre appui sur une pensée nouvelle. L'expression française "prendre refuge" rend à peu près ces deux significations, encore qu'elle accentue peut-être plus particulièrement la première d'entre elles. Notons que dans les textes de Nichiren qui nous sont parvenus, nous ne trouvons que rarement l'expression triple refuge et je ne connais pas d'exemple d'usage du concept de prise de refuge. Il utilise plutôt l'expression plus volontariste kimyo (歸命) dont le premier caractère est le même (ki, ) et lui préfère généralement son équivalent namu (南無) qui est une translittération du sanscrit namas.Voir le script du cours sur les trois trésors.

présence (現前地, genzenji, xianxiandi, abhimukhi)

présence mutuelle des dix mondes (十界互具, jikkai gogu, shijie huju) : principe de l'école Tiantai, selon lequel chacun des dix mondes manifeste, de façon plus ou moins apparente, la présence des neufs autres mondes, et ce, à travers certaines de leurs caractéristiques. Il découle de ce principe que la vue que les êtres de l'un des mondes ont des êtres des autres mondes est spécifique à chaque monde. Ce concept est l'un des trois facteurs dont la combinaison produit le nombre trois mille, dans le principe d'Une pensée trois mille.

preta (esprits affamés, 餓鬼, gaki, egui)

Princesse Sayo de Matsura (松浦佐用姫, Matsura Sayo hime) : Cette princesse japonaise aurait vécu au VIe siècle. Celui qu’elle aimait devant se rendre au royaume de Silla (Corée), elle monte sur le mont Kagami (mont du Miroir, 鏡山, département de Fukuoka) pour suivre le départ de du bateau en agitant un tissu, une sorte de châle qu’elle portait. Pleine de douleur elle reste là durant sept jours jusqu’à se transformer en rocher. Elle est honorée depuis sous le nom de  Déesse de clarté Shiga (志賀の明神,  Shiganomyōjin). Citée par Nichiren dans la Réponse à dame nonne Myōshin. Pour une photo d’une statue (moderne) de cette princesse, on se reportera ici

principal et son support (依正, esho, yizheng) : abréviation de "la rétribution pour le principal et son support (依報正報, eho shoho, yibao zhengbao)". Suivant les actes du passé, la rétribution touche à la fois le sujet principal et ce qui constitue son support inséparable, c'est-à-dire le lieu où il existe et les êtres qui lui sont liés.

principe d'ainsité (如理, nyori, ruli) : qualité de ce qui est "ainsi". Perception de la réalité où celle-ci apparaît pleinement réelle, c'est-à-dire sans l'obscurcissement des illusions, et telle que le Bouddha l'a décrite.

principe merveilleux (妙理, myori, miaoli) : dans les écrits de Nichiren cette expression désigne le principe contenu dans le Sutra du lotus. Le terme li que nous traduisons par principe signifie la raison naturelle, le bon sens, puis par extension du sens, la vérité, la cohérence, voire la réalité ultime. Il est intéressant de noter qu'à l'origine ce caractère signifie les veines de la pierre (du jade probablement) ou du bois. Puis il a indiqué l'action de tailler la pierre, car on ne peut pas tailler la pierre si on ne perçoit pas et si on ne respecte pas le dessin interne qui est le sien, d'où la notion de cohérence, de vérité intérieure en partie cachée. Cette image est intéressante car elle montre que celui qui souhaite façonner la pierre doit être en premier attentif à la structure du minéral, c'est-à-dire que l'examen et la compréhension doivent précéder l'intention, sinon on aboutit forcément à un échec ou à une destruction. Ce terme 'principe merveilleux' apparaît notamment au début de l'un des premiers traités de Nichiren En une vie devenir le Bouddha (Showa teïhon page 42).

productif (有作, usa, youzuo) : les composés, ce qui est produit et producteur dans l'enchaînement de création causale. Antonyme : Improductif (無作, musa, wuzuo) et aussi non-productif (無爲, muï, wuweï).

production conditionnée (, engi, yuanqi, pratiya-samutpada) : le terme production conditionnée traduit le sanskrit pratitya-samutpada que les propagateurs du bouddhisme en Chine avaient désigné par les deux idéogrammes yuan et qi (engi en japonais). Dans plusieurs traductions ou présentations de cette doctrine, notamment celles de Guy Bugault cette expression est rendue par "coproduction conditionnée"(cf. L'Inde pense-t-elle?, PUF 1994, pages 122 et suivantes). Au mot à mot on peut rendre l'expression par "se produire selon", selon signifiant selon les conditions ou selon les circonstances et se produire désignant la raison de la manifestation. Le concept de production conditionnée renvoie donc à la raison de l'apparition des phénomènes et aux conditions de leur apparition qui dépend elle-même de circonstances. Ce principe révèle donc une interdépendance des phénomènes entre eux. En ce sens, le bouddhisme se distingue donc des autres religions du monde antique qui recherchent une sorte de cause première des phénomènes, cette cause étant souvent la volonté ou l'activité d'un être primordial. Pour le bouddhisme le monde est un tout dont les éléments se conditionnent mutuellement. Nous avons là une sorte d'"inter-relativisme"total et général ou chaque élément, que le bouddhisme appelle dharma, résulte de facteurs qui eux mêmes ont été générés pas des causes diverses et ainsi de suite d'une façon que l'on serait tenté de ressentir comme vertigineuse. En savoir plus : script du cours relatif à la production conditionnée.

profusion (shinra, senlo, 森羅) : à l'origine ce terme indique le grand nombre d'arbres qui poussent dans une forêt d'où la notion de prolifération, de profusion que l'on retrouve notamment dans l'expression profusion des dix mille phénomènes (shinrabansho, senlowanxiang, 森羅萬象) qui désigne les innombrables constituants par lesquels le réel nous apparaît. On trouve aussi l'expression bouddhique la profusion des trois mille (shinrasanzen, senlosanqian, 森羅三千) où le nombre trois mille réfère aux trois mille constituants de la Une pensée ; sur ce sujet voir l'article Une pensée trois mille.

progresser sur la voie (行 道, gyodo, xingdao) : article en cours de rédaction, voir obtention de la voie.

progression (精 進, shojin, jingjin, virya)

Prologue (序品, Jo hon, Xu pin) : chapitre I du Sutra du lotus. Ce premier chapitre nous montre l’auditoire du Sutra du lotus. Outre des moines qui sont les disciples du Bouddha, arhats et bodhisattva, les quatre congrégations, moines et nonnes, laïcs, hommes et femmes, nous trouvons des dieux et toutes sortes d’êtres, dragons, chimères, asura et autres. Après que le Bouddha ait révélé un enseignement que l'on qualifie Les Sens innombrables, il entre en recueillement. Les dieux dispersent sur le Bouddha et l’assemblée des fleurs sacrées. Le Bouddha émet d’entre ses sourcils un rayon de lumière blanche qui éclaire et révèle l’ensemble des mondes. Maitreya interroge Manjushri sur ces prodiges. Ce dernier lui répond que ces signes auspicieux sont ceux qui précèdent l’exposé du Sutra du lotus. Il le sait car, dans une existence antérieure, il a déjà assisté à cette scène. En ces temps-là, il était le bodhisattva Lumière-Sublime et Maitreya, lui, était un disciple peu assidu surnommé Cherche-Gloire. Il est intéressant de remarquer que ce Prologue présente le Sutra du lotus comme ayant été déjà enseigné en d’autres temps et donne donc une dimension intemporelle à ce sutra.


provisoire (, ke, jia) : ce terme dans le bouddhisme désigne un caractère général des phénomènes, à savoir qu’ils ne révèlent qu’un aspect momentané. On parle de temporalité. Il s’agit donc de ce qui temporairement emprunte une apparence, et c’est sous cette apparence changeante que le monde se révèle à nous. Dans l’enseignement bouddhique il est important de saisir les choses dans leur flux incessant et de ne pas se limiter à leur apparence momentanée.
Ce caractère provisoire est également le deuxième terme de la triple vérité .

proximité de l'étant (卽是, sokuze, shiji) : voirApproches de la notion d'identité.

Puissance-Extrême [bodhisattva] (勢至菩薩, Seïshi bosatsu, Shizhi pusa, Mahasthamaprapta) : apparaît également dans les sutra sous les noms de Tokutaïseï, Dedashi, 得大勢 (Possession de Grande Puissance) voire Seshi, Shizhie (Intention du Monde) dans le Sutra de la fleur de miséricorde. Traduit également en français par Muni de Grande-Force et Obtention de Grande-Autorité (Tokutaïseï, Dedashi) par J.-N. Robert dans sa traduction du Lotus. Dans plusieurs sutra, ce bodhisattva fait partie de la triade d’Amita. Contemplateur des Sons  flanque Amita à gauche et Puissance-Extrême à droite. Dans cette représentation, il est Prologue du Sutra du lotus où il est l’un des quatre vingt mille bodhisattva sans régression de l’assemblée et, dans le chapitre du Bodhisattva Toujours Sans Mépris, il est l’interlocuteur du Bouddha. Contrairement à d’autres bodhisattva plus caractéristiques, on a quelques difficultés pour se représenter sa personnalité.

punca skandha (cinq éléments, 五蘊goün, wuyun)

pure ainsité (shinnyozhenru) : voir parfaite ainsité.

pure conscience ou conscience amala  (阿摩羅識, amarashiki, amoloshi, amala vijñana) : voir le cours sur les trois catégories.

purification des six racines (六根清淨, rokkon shojo, liugen qingjing) : notion qui apparaît dans le chapitre XIX du Sutra du lotus, Oeuvres et vertus du Maître de la loi. Cette purification des organes sensoriels serait la vertu résultante des cinq pratiques merveilleuses du Sutra du lotus, à savoir, recevoir et garder, lire, réciter, expliquer et copier. Cette purification se traduit par un accroissement de l’acuité des perceptions mais aussi par le développement de l’éloquence, des capacités mentales et de la compréhension profonde de la loi bouddhique. Cf. six racines, œuvres et vertus.

Purna (Plénitude, 富樓那, Furuna, Fulouna)

Pur-Réceptacle (淨藏, Jozo, Jingzang) et Pur-Regard (淨 眼, Jogen, Jingyan) : princes qui apparaissent dans le vingt-septième chapitre du Sutra du lotus. Fils du roi Ornement-Merveilleux ils souhaitent ardemment entrer dans les ordres. Avec l’aide de leur mère ils convertissent leur père. Ils sont des incarnations anciennes des deux frères bodhisattva Roi des Remèdes et Supérieur ès Remèdes.

purusa damyasarathi (dompteur, 調御丈夫, jogo jobu, tiaoyu zhangfu)


purva karman (actes anciens, 先業sengo, xianyue)

Putidamo (Bodhidharma, 菩提達磨Bodaidaruma)

putixin (esprit de bodhi, 菩提心, bodaïshin)

Puxian pusa (bodhisattva Sage-Universel, 普賢菩薩, Fugen bosatsu, Samantabhadra)

Puxian pusa quanfa pin (Exhortation du bodhisattva Sage-Universel, 普賢菩薩勸發品, Fugen bosatsu kanbotsu hon) XXVIIIe chapitre du Sutra du lotus.

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